{"id":304,"date":"2012-12-12T04:11:37","date_gmt":"2012-12-12T03:11:37","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.chloedelaume.r3zo.net\/?page_id=304"},"modified":"2013-09-17T12:39:54","modified_gmt":"2013-09-17T10:39:54","slug":"mes-week-ends-sont-pires-que-les-votres","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/chloedelaume.net\/?page_id=304","title":{"rendered":"Mes week-ends sont pires que les v\u00f4tres"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ecrit durant l&rsquo;hiver 2000, ce court r\u00e9cit a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 l&rsquo;automne suivant aux\u00a0<a href=\"http:\/\/neant.pagesperso-orange.fr\/\" target=\"_blank\">Editions du N\u00e9ant<\/a>.<strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong>Le livre \u00e9tant \u00e9puis\u00e9, ici repose le texte int\u00e9gral<\/strong>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1564 alignleft\" title=\"Couverture par S\u00e9bastien Raimondi.\" src=\"http:\/\/wp.chloedelaume.r3zo.net\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/ChloeDelaume7.gif\" alt=\"\" width=\"198\" height=\"237\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est facile de ha\u00efr les dimanches en fait. Peut-\u00eatre m\u00eame un peu trop en y regardant bien. Il y a le poids de la tradition, vous me direz. C\u2019est ind\u00e9niable. C\u2019est dr\u00f4lement lourd le poids de la tradition. Surtout quand \u00e7a fait d\u00e9border le reste. Moi y a plus grand chose qui d\u00e9borde. Je me suis vid\u00e9e il y a tellement longtemps, tellement longtemps que \u00e7a sonne tout creux tout sec au-dedans. Evidement les dimanches y \u00e9taient pour quelque chose. \u00c7a va de soi. Mais ils n\u2019\u00e9taient pas tout seuls, les dimanches. Non. Bien s\u00fbr.\u00a0Evidemment.\u00a0<em>Calchas, dit-on, pr\u00e9pare un somptueux sacrifice<\/em>. C\u2019est un probl\u00e8me qui fond toujours en clinamen. Des sonneries carillon des facteurs parall\u00e8les.\u00a0<em>Puiss\u00e9-je auparavant fl\u00e9chir leur injustice<\/em>. Des sermons engourdis des sarments qui se gr\u00ealent.\u00a0<em>L\u2019offrira-t-on bient\u00f4t ?<\/em>\u00a0Mais quel que soit le jour jamais ne vint l\u2019ivresse.\u00a0<em>Plus t\u00f4t que je ne veux<\/em>. La chair s\u2019alanguissait davantage \u00e0 la craie la falaise s\u2019abruptait au vain repos divin mena\u00e7ant vacation\u00a0<em>me sera-t-il permis de me joindre \u00e0 vos v\u0153ux<\/em>\u00a0je n\u2019\u00e9tais pas la seule \u00e7a je m\u2019en doutais bien.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"text-align: justify;\">Le septi\u00e8me ils disaient le septi\u00e8me pour quoi faire. <\/span><em style=\"text-align: justify;\">Verra-t-on \u00e0 l\u2019autel votre heureuse famille ?<\/em><span style=\"text-align: justify;\"> Et pourtant terrifi\u00e9e je le savais aussi. <\/span><em style=\"text-align: justify;\">H\u00e9las<\/em><span style=\"text-align: justify;\">. Car oui et c\u2019est un fait mes sales dimanches \u00e0 moi commen\u00e7aient en avance. <\/span><em style=\"text-align: justify;\">Vous vous taisez ?<\/em><span style=\"text-align: justify;\"> Peut-\u00eatre pour brouiller les pistes. Pour arr\u00eater l\u2019\u00e9cart\u00e8lement cuir pharmakos sur le tertre Filofax du semainier. <\/span><em style=\"text-align: justify;\">Vous y serez ma fille<\/em><span style=\"text-align: justify;\">. Ils en avaient peut-\u00eatre assez, les dimanches. D\u2019ailleurs. \u00c7a expliquerait bien des choses. <\/span><em style=\"text-align: justify;\">Cherchez, Prince, cherchez<\/em><span style=\"text-align: justify;\">. Quelque part en tout cas. <\/span><em style=\"text-align: justify;\">Pour vous trahir vous-m\u00eame<\/em><span style=\"text-align: justify;\">. Mais il y a des jours qui ne peuvent pas s\u2019emp\u00eacher de se faire remarquer. C\u2019est bien pour \u00e7a que c\u2019est le bordel.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors. C\u2019est pourtant tout aussi facile de ha\u00efr le pl\u00e2tre asthmatique quand la porte se referme si brusque \u00e0 l\u2019or\u00e9e du vendredi soir. Aussi. Pourtant il n\u2019y peut rien le pl\u00e2tre non plus. On en conclut comme d\u2019habitude puisque \u00e7a n\u2019est la faute de personne. A personne du tout. Il para\u00eet en tout cas. Aux princesses esseul\u00e9es de verglacer leur sang aux cr\u00e9neaux de la tour non je ne vois rien venir et je suis fille unique. Les charmants adult\u00e8res <em>ah Ch\u00e9ri<\/em> montent sur leurs grands chevaux <em>si seulement tu \u00e9tais<\/em> \u00e7a galope \u00e9pop\u00e9e <em>pr\u00e8s de moi<\/em> la cur\u00e9e naturelle <em>je s\u2019rai pr\u00eate \u00e0 aimer<\/em> mais coince aux entournures <em>tout ce que je n\u2019aime pas<\/em>. Des s\u00e9rails aux haras il n\u2019y a qu\u2019un pas ou deux \u00e7a d\u00e9pend des jupons que retrousse l\u2019\u00e9cuy\u00e8re. Si Cendrillon se corne et les paumes et les tempes c\u2019est peut-\u00eatre pas de leur faute aux dimanches. En fait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019avais besoin d\u00e9j\u00e0. Ca ne peut que s\u2019accentuer. Un coupable ventre gras. Sinon la lame je dis dans quoi la faire rentrer. La plaie \u00e0 raviver. La plaie bien s\u00fbr. Mais \u00e0 part \u00e7a. Elle t\u00e9moigne juste \u00e0 la d\u00e9charge, la plaie. Vous comprendrez que ce n\u2019est pas satisfaisant. Un coupable ventre gras qui se d\u00e9gonflerait une fois d\u00e9rustin\u00e9. J\u2019en ai toujours besoin. C\u2019est plus que n\u00e9cessaire. L\u2019hiver n\u2019en finit pas, ses ger\u00e7ures rancuni\u00e8res, pensera-t-il printemps quand j\u2019aurai tout vomi. Mais la d\u00e9glutition n\u2019est pas une fin en soi. C\u2019est la fin que je cherche. Elle m\u2019attend quelque part. Quelque part oui mais o\u00f9 d\u00e9membrer le coupable tout ira tellement mieux <em>ce que j\u2019ai fait Abner j\u2019ai cru le devoir faire<\/em> et tant pis si c\u2019est moi qui paie de mes visc\u00e8res je porte bien le chapeau surtout aux Catherinettes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le petit pois cach\u00e9 tout au fond de la bo\u00eete \u00e0 musique si cr\u00e2nienne sautille la ritournelle quand tourne en fa la clef au sein de la serrure. Il faut donc qu\u2019il oublie jusqu\u2019\u00e0 mon existence pour m\u2019enfermer ainsi lorsqu\u2019il part en week-end. Il faut donc que mon corps s\u2019isole au mausol\u00e9e en attendant le jour o\u00f9 seront visit\u00e9s les vestiges de l\u2019amour fossilis\u00e9s sous verre. Le petit poids pos\u00e9 \u00e0 la surface thorax s\u2019\u00e9coule de tout son plomb jusqu\u2019aux globes oculaires. Alourdit souffle et brouille les lignes qui fuient pleutrasses au spectacle annonc\u00e9. Sur la piste \u00e9tiol\u00e9e se roulera dans la sciure la promesse \u00e9quarrie par le soudain nanisme de son c\u0153ur tropc\u00e9phale. Quand le paon fait la roue tout confine au supplice et le zoomorphisme n\u2019a rien pour me distraire. De la bo\u00eete \u00e0 caprices s\u2019\u00e9chappe maux \u00e0 maux, la Pandora vacille sous le r\u00e9visionnisme. L\u2019espoir g\u00eet repass\u00e9 entre ses trois chemises empes\u00e9es amidon qu\u2019il entasse soigneusement dans son sac de voyage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pr\u00e9voyant son huis-clos canap\u00e9 dulcin\u00e9e. Garcin n\u2019oublie jamais de l\u2019emporter, l\u2019espoir. C\u2019est comme sa brosse \u00e0 dent. Mon d\u00e9sir barbedienne je peux papier coup\u00e9 le laisser de c\u00f4t\u00e9. Si possible sur la chemin\u00e9e. Les braises survivantes sauront le r\u00e9chauffer, me disais-je dans le fauteuil Ik\u00e9a. Les arbres sont \u00e0 abattre quand l\u2019\u00e9corce se pourrit se raccrocher aux branches est d\u00e8s lors impossible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il \u00e9tait question de trois jours. Trois jours juste trois jours mais trois jours r\u00e9p\u00e9t\u00e9s pendant des mois entiers c\u2019est un peu long jeune-homme m\u00eame pour ressusciter. Et des cendres parfois ne rena\u00eet pas l\u2019oiseau des serments l\u00e9gendaires. Un \u0153uf blanc canc\u00e9reux \u00e0 la moralit\u00e9. Lettres au corbeau sur f\u00e9lonie perch\u00e9 tenant prise de bec un sevrage. L\u2019alchimie qui bouillonne alambiques et chaudrons, l\u2019abandon fr\u00e9missant encore un \u0153il de b\u0153uf deux pinc\u00e9es de m\u00e9pris et laisser reposer. Une tumeur si maligne qu\u2019elle sait ruser au point de masquer l\u2019enterrement pourtant de premi\u00e8re classe. La veill\u00e9e trinit\u00e9. Au nom du P\u00e8re du Fils Brutus me ceint l\u2019esprit tu quoque mon mari je te rendrai C\u00e9sar la monnaie de ta pi\u00e8ce. Au dernier acte les mouches se tr\u00e9moussent au plateau car il est des outrages qui ne peuvent \u00eatre servis \u00e0 louch\u00e9es sans ulc\u00e8re. Oui mais en attendant. En attendant s\u2019exhibe dans la bi\u00e8re damass\u00e9e le f\u0153tus excis\u00e9 le placenta charnier l\u2019humus de nos vingt ans <em>chantez haut-bois r\u00e9sonnez musettes<\/em>. Le deuil cr\u00eap\u00e9 voilette me va dit-on si bien au teint. D\u00e8s fois d\u00e8s seize heures \u00e7a arrive. Des fois je pense : je n\u2019y peux rien. Des fois je pense : c\u2019est de ma faute. Garder l\u2019amour c\u2019est pas si dur. Elles sont plein \u00e0 y arriver.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand le jeudi la crainte au ventre chatouillant sanie stomacale le sodium s\u2019agrippe \u00e0 l\u2019iris les spasmes se rebellent oreiller. Il est volontaires lacrymaux qui se refusent \u00e0 l\u2019\u00e9touffement. On ne peut plumer Othello m\u00eame si \u00e7a serait bien pratique. Quand le jeudi la nuit bascule vers les lendemains qui d\u00e9chantent les cachets bleut\u00e9s parfois manquent le pharmacien est regardant il est d\u2019un p\u00e9nible ce quartier. Je veille en observant la taie. Sa capacit\u00e9 d\u2019absorption. La qualit\u00e9 des fibres, aussi. \u00a0Et si la chaleur d\u00e9gouline au-del\u00e0 de la tol\u00e9rance. D\u00e9nouer nattes boule de gorge au myst\u00e8re t\u00e9tanique la couette est d\u00e9lav\u00e9e. Le synth\u00e9tique \u00e9met des doutes. N\u2019avale jamais ma peine sans avant v\u00e9rifier la teneur du liquide ma cr\u00e9dibilit\u00e9. Analyse jolies flaques en ponctionnant pourtours pour enfin se r\u00e9soudre \u00e0 l\u2019engloutir tr\u00e9fonds. Le coton est confiant ou goulu je ne sais. Chaque gouttelette d\u00e9pos\u00e9e de suite est accept\u00e9e. Vient ensuite le probl\u00e8me de la saturation, car au bout de cinq heures on pense \u00e0 l\u2019essorage. Ou \u00e0 changer les draps \u00e0 d\u00e9faut de refrain. Petite enfant apr\u00e8s les coups je me souviens maman disait : pleure pleure tu pisseras moins. A croire que les matelas, des quatre pattes aux trois, sous l\u2019\u00e9nigme du Sphinx toujours s\u2019humidifient. Je pense au sperme frais qui d\u00e9serta ma couche depuis tellement de mois. Je pense aux sanglots rances qui sont peu qualifi\u00e9s pour remplir l\u2019int\u00e9rim. Je pense et c\u2019est si rare que c\u2019est bien \u00e9tonnant que \u00e7a me fasse du mal. L\u2019adage veut le contraire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parfois pour m\u2019occuper je d\u00e9fais le canevas qui araigna l\u2019anneau. Fil d\u2019Ariane et de l\u2019Homme, la robe blanche de M\u00e9d\u00e9e la couronne d\u2019\u00e9glantine l\u2019aurore s\u2019est avort\u00e9e le doigt piqu\u00e9 au rou\u00e9. Le vendredi souvent s\u2019effiloche \u00e0 l\u2019envie ou l\u2019ennui c\u2019est selon. Les points de croix cheminent dans les vingt m\u00e8tres carr\u00e9s. L\u2019aiguille v\u00e9role le c\u0153ur les d\u00e9s n\u00e9crosent l\u2019aorte quand croch\u00e8te la corn\u00e9e, \u00a0je ne crois plus au hasard. Procuration chandelle <em>mon amant me d\u00e9laisse<\/em> suis-je la fille du lampiste <em>\u00f4 gu\u00e9 vive la rose<\/em> ou dois-je pour satisfaire je ne sais pas pourquoi finir au r\u00e9verb\u00e8re <em>vive la rose et le lilas<\/em> pendue nuit de Castille cristalline Aragon langue vanille list\u00e9riose tout \u00e0 fondu vous-dis-je, la flamme a vacill\u00e9 quand la m\u00e8che fut vendue. A vingt-trois heures je sors et dans les rues je marche feignant d\u2019\u00eatre press\u00e9e. Je pourrais \u00e0 l\u2019instar des compagnes d\u2019infortune d\u00e9f\u00e9quer mes \u00e9mois contre un sexe quelconque. Les soir\u00e9es parisiennes sont vertement peupl\u00e9es de couillid\u00e9s saum\u00e2tres aux sphincters accueillants. Au tiroir j\u2019ai laiss\u00e9 le gode la libido la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 la soif j\u2019ai pass\u00e9 l\u2019\u00e2ge aussi tout du moins il me semble.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Accoud\u00e9e Pont Marie je pollue de chagrin les eaux boueuses de mars. Combien de larmes ainsi surent accro\u00eetre la crue de la Seine hivernale je me demande souvent. Combien de femmes d\u00e9chues <em>il va-t-en voir une autre<\/em> se sont pench\u00e9es verseaux <em>\u00f4 gu\u00e9 vive la rose<\/em> les iris d\u00e9versant leur surplus de douleur qui <em>est plus riche que moi<\/em> gonflant flots marmorins <em>vive la rose et le lilas<\/em>. Combien de silhouettes fr\u00eales <em>on dit qu\u2019elle est plus belle<\/em> grelott\u00e8rent sur les berges<em> \u00f4 gu\u00e9 vive la rose<\/em> ravageant tout Paris hiver 1910 <em>je n\u2019en disconviens pas<\/em> inondant d\u2019affliction <em>vive la rose et le lilas<\/em> submergeant quais et brumes infiltrant jusqu\u2019aux os <em>on dit qu\u2019elle est malade<\/em> le fruit de la foutraille <em>\u00f4 gu\u00e9 vive la rose<\/em> tuberculant l\u2019\u00e9ponge pulmonaire adult\u00e8re <em>peut-\u00eatre qu\u2019elle en mourra<\/em> fissurant tous les murs de leurs lamentations. Combien de toux graiss\u00e9es de vengeance H2O <em>vive la rose et le lilas<\/em> spasmophili\u00e8rent les gorges des voleuses d\u2019amoureux d\u00e9tremp\u00e9es par l\u2019\u00e9cume sal\u00e9e de l\u2019abandon cette ann\u00e9e-l\u00e0. Je me demande souvent. Quand ma flaque de tristesse grossie le fleuve nocturne plus vivement qu\u2019\u00e0 mon tour que mes soupirs clochetent que les veines battent le glas je me penche pointe peton Tantale \u00e0 la bascule <em>peut-\u00eatre qu\u2019elle en mourra vive la rose et le lila<\/em>s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet hiver-l\u00e0. Je ne sais pas pourquoi je n\u2019ai pas pu sauter. J\u2019ai cr\u00e2n\u00e9 mon vertige minaud\u00e9 hydrophobe aux oreilles complaisantes pour d\u00e9crasser la sc\u00e8ne du favela poison qui poussait au foss\u00e9 de mon ventricule gauche. Champignon mis\u00e9reux mais si elle meurt dimanche les spores d\u00e9dales cartons p\u00e2t\u00e9e menottes calleuses <em>\u00f4 gu\u00e9 vive la rose<\/em> la petite fille genoux \u00e9corch\u00e9s sans mercure <em>lundi on l\u2019enterrera<\/em> faisant l\u2019aum\u00f4ne honteuse<em> vive la rose et le lilas<\/em> aux parqu\u00e9es nostalgies. J\u2019ai esp\u00e9r\u00e9 longtemps. Que la suffocation saurait rendre service. Remettant le couvert la morve obstruant trop les sinus dilat\u00e9s la trach\u00e9e dilettante sous l\u2019\u00e9gide eurythmique des douleurs contendantes. Cet hiver-l\u00e0. Je ne sais pas pourquoi je n\u2019ai pas pu les tuer. Il a fallu du temps <em>mardi il r\u2019viendra m\u2019voir<\/em> pluvieux et ombilic pour que l\u2019esprit perdu <em>\u00f4 gu\u00e9 vive la rose<\/em> me revienne un matin en d\u00e9cachetant l\u2019enveloppe du faire-part de d\u00e9c\u00e8s. Monsieur et puis Madame ont la douleur. <em>Mais je n\u2019en voudrai pas.<\/em> L\u2019amour \u00e9tait mort simplement. <em>Vive la rose et le lilas<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut bien un coupable pour humecter la lame me dis-je donc encore en changeant de fauteuil. Puisque c\u2019est par l\u00e2chet\u00e9 qu\u2019il n\u2019y eut de noyade. Clamence \u00e0 la peau dure soupir\u00e8rent les Raquin et qu\u2019on lui coupe la t\u00eate vagit la Reine de Pique. Seul le roi des poissons peut traverser le miroir. Seul le roi des poissons. C\u2019est pas moi qui l\u2019ai dit. Aucun risque non. Aucun. Ce ne peut \u00eatre moi. Langue de pute de vip\u00e8re je ne pourrai cracher pas plus que mes braves s\u0153urs le moindre mot entier. Ce n\u2019est pas mon langage. La langue est infect\u00e9e. Il faut bien un coupable pour humecter la langue me dis-je donc en restant dans le fauteuil osier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet hiver-l\u00e0. Je ne sais pas pourquoi le labyrinthe de buis m\u2019avait fait perdre le fil arianant ma couleuvre. Il est des \u00e9v\u00e8nements trop dur \u00e0 avaler. L\u2019\u0153sophage se refuse souvent \u00e0 faire passer la nouvelle amourette qui perturbe la fusion l\u2019osmose bel androgyne les deux t\u00eates Gr\u00e8ce antique la promesse matinale que l\u2019on a fait au maire devant quatre t\u00e9moins et bureau acajou. Mais aucun suc gastrique ne sait en quelques heures dig\u00e9rer que plus rien ne se passera de beau. Tout se devait plus simple quand \u00e0 force du mal fait et multipli\u00e9 on per\u00e7oit qu\u2019\u00e0 Canas on regrette jusqu&rsquo;aux noces et que soi-m\u00eame la nuit on oublie son calvaire. Ce qui est ennuyeux quand apr\u00e8s des kyrielles de cris de spasmes de pleurs de reviens suppliqu\u00e9s on se r\u00e9veille soudain constatant gu\u00e9rison. C\u2019est que sans la rengaine victimale on est rien. Plus rien. A tant construire sa vie sur la course \u00e0 la guerre \u00e0 tant jouer pion \u00e0 pion strat\u00e9gies conjugales \u00e0 tant se perdre en lui en se couchant sans heures on se retrouve bien nue quand le d\u00e9sir s\u2019enfuit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai pendant quelques mois au museau du printemps tent\u00e9 de la coincer la cause du d\u00e9serteur. Mon tr\u00e9sor mon ch\u00e9ri mon si joli mari sont-ce les tortures trop rudes si froidement ass\u00e9n\u00e9es qui lass\u00e8rent \u00e0 la fin l\u2019amour que je portais. A bout de bras d\u2019ailleurs mais pas plus loin en fait. Se fracasser la cloison nasale \u00e0 la fin de l\u2019amour. L\u2019architecture cinglante constitue pire outrage l\u2019amour a des limites l\u2019amour a des limites je r\u00e9p\u00e8te stup\u00e9faite comme un petit enfant. Lui invoque une douceur qui m\u2019est trop \u00e9trang\u00e8re et tant d\u2019insuffisances dont j\u2019ignore jusqu\u2019aux mots. <em>Encore des mots<\/em>. Il m\u2019arrive agac\u00e9e bien plus qu\u2019abasourdie de crier <em>caramels bonbons et chocolats<\/em>. Il se peut qu\u2019\u00e9puis\u00e9 et p\u00e9tri de m\u00e9pris il \u00e9ructe qu\u2019avec moi le bonheur ne fut pas et qu\u2019il ne le f\u00fbt jamais. J\u2019attends rarement l\u2019entracte pour r\u00e9torquer au tra\u00eetre le bonheur n\u2019est pas gai. Et dans ce cas c\u2019est lui qui dit ne pas comprendre. <em>Toujours des mots<\/em>. Il me faut un coupable. <em>Les m\u00eames mots<\/em>. Je crois que j\u2019ai trouv\u00e9. Je disais que ma langue se fourche en tapineuse ou en anaconda selon les circonstances. La sienne que dis-je la leur. Qu\u2019en est-il s\u2019il vous pla\u00eet. Jamais elle ne vacille jamais elle ne se p\u00e2te jamais elle ne s\u2019\u00e9corche leur langue \u00e0 eux aux hommes. Bien s\u00fbr qu\u2019elle est la leur. Ils disent de jolies choses tout un tas vous savez. Qu\u2019au commencement \u00e9tait le Verbe. On dit des choses de vilaines choses pour compenser. Qu\u2019ils ont parfois la bite \u00e0 la place du cerveau. Enfin c\u2019est un exemple. Oui bien s\u00fbr mais voil\u00e0 les planches anatomiques c\u2019est trop notre truc. On a jadis pauvrettes l\u00e9g\u00e8rement confondu. Car si on s\u2019appliquait \u00e0 leur ouvrir la gueule \u00e0 chacun ses forceps car si on s\u2019appliquait \u00e0 fourrager leur bouche au-dedans bien profond on verrait qu\u2019\u00e0 la glotte \u00e7a fr\u00e9tille caverneux et spongieux palpitant. Ce n\u2019est pas le cerveau. Il faut le rectifier. C\u2019est \u00e0 la place de leur langue autant dire de LA langue qu\u2019ils ont foutu leur queue. Et quand le doux proverbe r\u00e9p\u00e8te qu\u2019il faut sept fois la tourner et tourner la langue lourde et juteuse c\u2019est une branlette muqueuse secr\u00e8tement effil\u00e9e qui se profile beno\u00eete. Rendez gr\u00e2ce au seul n\u0153ud qui retient ma col\u00e8re. Comment leur tenir t\u00eate quand dans la cavit\u00e9 concurrence maladroit minuscule clitoris qui s\u2019agite si vainement tu parles pas tu caqu\u00e8tes. <em>Viens poupoule viens poupoule viens<\/em> \u00e0 No\u00ebl le cadavre de la dinde \u00e0 farcir entrouvrez-lui le bec pour v\u00e9rification. La braguette autrefois \u00e9tait un petit sac cousu moufle chibrin c\u2019est pour \u00e7a que le coup de la langue dans la poche je pr\u00e9f\u00e8re me m\u00e9fier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le vendredi souvent je lisais des histoires pour faire un peu semblant d\u2019\u00eatre tr\u00e8s occup\u00e9e. Et bien des mois apr\u00e8s reconstituant hagarde l\u2019emploi du temps de rien qui fut mien \u00e0 ces jours je finis par comprendre que je n\u2019y pouvais rien. Ca remonte \u00e0 si loin. A si loin c\u2019est trop tard. Pourtant. <em>Les temps sont accomplis, Princesse il faut parler<\/em>. C\u2019est une histoire toute b\u00eate comme il y en a des tas. Du fond de la Gen\u00e8se \u00e9tait n\u00e9e la cabale. C\u2019est bien un vendredi que je n\u2019en suis revenue. Je reposais trop bl\u00eame pour me permettre le moindre pronom r\u00e9flexif. Et n\u2019est pas Dieu qui veut, ce qui est fort dommage. Lors des or\u00e9es dimanche je travaillais beaucoup. A chercher le pourquoi <em>tout me nuit et m\u2019afflige et conspire \u00e0 me nuire<\/em> puisque d\u00e9cid\u00e9ment il y a bien une raison. Il \u00e9tait dit tout bas l\u2019infortune des Juliette au conte des m\u00e8res noy\u00e9es sous les kilos golden injustice s\u00e9culaire. C\u2019est un r\u00e9cit joli qui s\u2019est il y a des lustres chuchot\u00e9 orifices fondant \u00e0 la chandelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-1586 alignleft\" title=\"Nidification, dessin de Mich\u00e8le Kahn\" src=\"http:\/\/wp.chloedelaume.r3zo.net\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/mknewnew.gif\" alt=\"\" width=\"340\" height=\"378\" \/>Au commencement de tout Dieu s\u2019ennuyait beaucoup. Aussi cr\u00e9a-t-il l\u2019Homme. Mais pas n\u2019importe comment. Il prit de la poussi\u00e8re afin de rappeler \u00e0 ses sujets futurs qu\u2019ils seraient toujours vou\u00e9s \u00e0 n\u2019\u00eatre que des moutons mais c\u2019est anecdotique. La chose qui nous importe aujourd\u2019hui plus qu\u2019hier n\u2019est gu\u00e8re le mat\u00e9riau qui fut utilis\u00e9. Car en m\u00eame temps qu\u2019Adam, j\u2019ai bien lu en m\u00eame temps, il fa\u00e7onna Lilith. Des entrailles de la Terre naquirent m\u00e2le et femelle pour le meilleur du pire mais simultan\u00e9ment. A l\u2019Eden peu de r\u00e8gle \u00e0 vrai dire m\u00eame aucune mis \u00e0 part l\u2019exception devant la confirmer. Lilith et son comparse pouvaient tout se permettre les coudes sur la table la surcharge pond\u00e9rale et m\u00eame les doigts dans le nez. La seule chose interdite \u00e9tait de nommer Dieu. Lilith \u00e9tait chanceuse. Tous les placards secrets lui \u00e9taient accessibles nulle barbiche trop bleut\u00e9e ne lui cachait de clef. Scotomiser un nom c\u2019\u00e9tait moins compliqu\u00e9 que la zoophilie et l\u2019ingurgitation de rainette si acide que les draps s\u2019en souviennent autant que les boyaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lilith \u00e9tait chanceuse mais pas plus que les filles qui la suivirent au fil des pains multipli\u00e9s \u00e0 travers leur minois. Le Cr\u00e9ateur souverain avait \u00e0 peine quitt\u00e9 le domaine idyllique qu\u2019Adam n\u2019eut lors de cesse de la prendre pour moindre. Lilith \u00e9tait patiente mais pas totalement sotte puisque les mill\u00e9naires d\u2019actif d\u00e9cervelage n\u2019avaient pas pu encore la faire plier au joug de la Queue Toute Puissante. Et lorsque d\u2019aventure son compagnon disait qu\u2019est-ce qu\u2019on mange ma cocotte en lisant son journal vautr\u00e9 au canap\u00e9 il \u00e9tait pr\u00e9visible qu\u2019elle s\u2019offusque un chouia. Aussi Lilith criait souvent, et n\u2019en d\u00e9plaise \u00e0 Freud ce n\u2019\u00e9tait ni du fait d\u2019un \u0152dipe contrari\u00e9 ni li\u00e9 aux contractions de son doux ut\u00e9rus. Les Labacides alors pas plus que l\u2019hyst\u00e9rie n\u2019avaient encore frapp\u00e9. Le soma il est vrai ne s\u2019en portait pas mal. Quand chaque instant Adam sommait Lilith de jouer aux bonniches \u00e9d\u00e9niques la jeune femme s\u2019outrageait le remettant en place. Nous sommes tous les deux \u00e9gaux, disait-elle \u00e0 Adam, puisque nous venons de la terre. Cet argument bien s\u00fbr dut faire autorit\u00e9. Mais Adam d\u00e9testait passer la serpilli\u00e8re. Aussi fort contrari\u00e9 de ne pouvoir sur elle exercer son pouvoir, d\u00e9cida-t-il un jour de punir la pouffiasse. Il est assez notable de constater d\u2019ailleurs qu\u2019\u00e0 peine l\u2019humanit\u00e9 commen\u00e7a \u00e0 s\u00e9vir, les hommes cherch\u00e8rent de go \u00e0 \u00eatre nos sup\u00e9rieurs. Lilith ne r\u00e9pondit \u00e0 nul moment pourtant que la laide excroissance qui lui battait les cuisses faisait d\u2019Adam un monstre portant l\u2019inanit\u00e9 comme une l\u00e9gion d\u2019honneur. Que son corps lisse \u00e0 elle au creux de l\u2019entrejambe \u00e9tait tellement seyant que l\u2019esth\u00e9tisme for\u00e7ait au respect et au reste. Elle ne demandait rien Lilith, en fait. Juste une simple \u00e9quit\u00e9 qui tombait sous le sens. Le pouvoir c\u2019est \u00e0 craindre lui \u00e9tait \u00e9tranger. C\u2019est peut \u00eatre pour \u00e7a que les femmes mirent des si\u00e8cles avant d\u2019\u00eatre contraintes \u00e0 le saisir enfin. Il est dit dans le livre qu\u2019Adam se refusa \u00e0 accepter les faits. L\u00e0 dessus, ils se disput\u00e8rent tous deux et Lilith, qui \u00e9tait en col\u00e8re, pronon\u00e7a le nom de Dieu. Ce d\u00e9tail n\u2019\u00e9tait pas un point, me suis-je dis dans le fauteuil \u00e0 oreilles puisque les murs en sont aussi dot\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Adam ne pouvait pas se plaindre \u00e0 J\u00e9hovah cahier de dol\u00e9ance humeurs incompatibles divorce au pedigree. Mais il fallait pourtant foutre bobonne \u00e0 la porte puisqu\u2019elle se refusait \u00e0 rester aux fourneaux. La seule arme d\u2019Adam restait d\u00e9j\u00e0 les mots restait encore les mots toujours les m\u00eames mots. A l\u2019\u00e9vidence la langue avatar du pouvoir, non pas intrins\u00e8quement mais pour qui y aspire. Lilith d\u00e9blat\u00e9rait sa logorrh\u00e9e na\u00efve pendant que l\u2019adversaire aff\u00fbtait rh\u00e9torique. L\u2019acculant chaque instant incartades langagi\u00e8res \u00e0 s\u2019extirper d\u2019elle-m\u00eame. A vomir v\u00e9rit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 hurler ses droits en prenant un t\u00e9moin pour les d\u00e9partager. Elle \u00e9tait dans le vrai et m\u00e9langea Platon avec le Juda\u00efsme, se disant que le Dieu entendrait Parh\u00e9sia. Comme quoi les bonnes femmes et la philo \u00e7a faisait d\u00e9j\u00e0 deux. C\u2019est par la ruse fourbette de la langue couillid\u00e9e que Lilith perdit premi\u00e8re joute oratoire la face et la raison. Jahv\u00e9 interpell\u00e9 ne voulut rien entendre encore moins \u00e9couter. L\u2019interdit transgress\u00e9 fut son unique r\u00e9ponse, Dieu fut un peu born\u00e9 \u00e7a n\u2019\u00e9tonnera personne. Pourtant. La premi\u00e8re femme fut donc chass\u00e9e en m\u00e9cr\u00e9ante. Pour seul crime r\u00e9sistance \u00e0 une iniquit\u00e9. Pour seul tord une absence de ma\u00eetrise de la langue. Si Lilith avait su batailler la syntaxe Adam entrant en rage aurait cri\u00e9 mais Dieu faites la taire cette sale conne. Si la langue domin\u00e9e et mani\u00e9e doctement, si la sienne retenue ravalant l\u2019interdit, Lilith aurait pouss\u00e9 Adam au m\u00eame impaire. C\u2019est dans le nerf buccal qu\u2019est la racine du mal. Il n\u2019\u00e9tait pas \u00e9crit mais il faut se m\u00e9fier. Pour qui refusera la soumission \u00e0 l\u2019homme s\u2019exposera \u00e0 l\u2019horreur du combat langagier. Pour qui voudra le duel n\u2019aura le choix des armes. Terrain est min\u00e9. La chienne prend garde \u00e0 toi. Les d\u00e9s pip\u00e9s jusqu\u2019au scrotum. Mesdames, faites-vous tirer les premi\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourquoi l\u2019hiver n\u2019en finit pas. Bien s\u00fbr je ne serai pas la seule cette ann\u00e9e \u00e0 le faire remarquer. Non. Ma concierge aussi ce matin se plaignait mais tout de m\u00eame les bottes et le manteau en plein mois d\u2019avril vous avouerez mademoiselle que ce n\u2019est plus possible. J\u2019avoue. Bien volontiers. L\u2019automne \u00e9tait pr\u00e9coce l\u2019hiver est peine \u00e0 jouir. Je n\u2019en peux plus du tout de ma hargne qui se tra\u00eene sous ces coups de boutoir. Plus du tout. Le ciel mettant \u00e0 nu ce que je tente voiler moi qui aimerais tant voir plus loin que mes naseaux et me prends sur le cr\u00e2ne cyclothymie rampante au gr\u00e9 du vasculaire m\u00e9t\u00e9orologique. Les giboul\u00e9es du c\u0153ur le civet li\u00e8vre de mars la rate marine trop lasse \u00e7a bouillonne lauriers roses. La crue du si\u00e8cle ils disent. C\u2019est un joli refrain qui se sabre au grand si\u00e8cle. 1901. 2001. Une a\u00efeule aurait-elle au jadis d\u00e9tremp\u00e9 connu telle syncr\u00e9tie je ne le lui souhaite gu\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il m\u2019a crach\u00e9 hier ce qui te rend malade et te rend si m\u00e9chante c\u2019est que sais maintenant que jamais plus jamais je ne reviendrai non. Tu sais que tu m\u2019as perdu. Il mollarda perdu comme si il se voulait une denr\u00e9e si pr\u00e9cieuse que son absence creusait un vide quasi tangible. Mon amour mon tr\u00e9sor si tu crois vraiment fiston <em>qu\u2019\u00e7a va c\u2019qu\u2019a va qu\u2019a ce que tu te goures<\/em>. Ce qui me rend malade mon ange mon poussin me rend si m\u00e9chante et je me retiens on est loin du compte. L\u2019amour est mort te dis-je c\u2019est \u00e0 toi que j\u2019en veux. L\u2019amour est mort que dis-je tu es mort avec lui. Bien plus que s\u00e9par\u00e9e je me sens surtout veuve face \u00e0 cet \u00e9tranger qui se permet ainsi de tenir drag\u00e9e haute cornets tulle cr\u00eap\u00e9s noirs. Tu me jettes disloqu\u00e9e par-dessus les arcades m\u2019oxydant \u00e0 la ruine des d\u00e9faites baptismales. Je suis la culbut\u00e9e des r\u00e9gions inf\u00e9rieures. Tu suicidas l\u2019aim\u00e9 qui f\u00e9condait en toi tu poignardas l\u2019amant avant de te repa\u00eetre de ses globules fumants vois ta veule gloutonnerie humectant commissures. Tu ne riras plus de voir Cyb\u00e8le en ce miroir. L\u2019\u00e8re des bijoux s\u2019\u00e9raille \u00e0 force d\u2019indiscr\u00e9tion. Azazel est-ce toi le d\u00e9sert se repeuple j\u2019en devenais trop ch\u00e8vre. Car tout deuil sermonn\u00e9 se confine \u00e0 l\u2019oubli mais jamais rien n\u2019arrache la racine profonde \u00e0 mon immense sort engourdi de souvenirs. Le sang d\u2019Atys coula c\u2019est un fait accompli et le rite taurobole poursuivra son vertige au son du tambourin. L\u2019amour avec le lion accusent leur macchab\u00e9e mais \u00e0 chaque sacrifice renaissent un peu plus loin de l\u2019autel enflamm\u00e9. Je n\u2019arr\u00eaterai mon char qu\u2019\u00e0 l\u2019aube des septi\u00e8mes branches quand l\u2019\u00e9toile chthonienne s\u2019\u00e9teindra frissonnante. Autant pr\u00e9venir tout de suite : c\u2019est pas demain la veille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les week-end qui suivirent l\u2019\u00e2ge de la d\u00e9raison et ses sanglots d\u2019\u00e9cume bouillonnant \u00e0 Cyth\u00e8re s\u2019\u00e9tal\u00e8rent avec soin tartinant mes semaines. La col\u00e8re fut s\u0153urette de mon d\u00e9s\u0153uvrement. Antigone ent\u00eat\u00e9e mes ongles griffant la terre du rituel fun\u00e9railles. Mon fr\u00e8re de bave de sueur je lui devais des fleurs de l\u2019encens de la myrte mon c\u0153ur et du santal. J\u2019ai pass\u00e9 bien des jours \u00e0 le choyer en vain ce petit corps putride que tu abandonnais. Je caressais ses lettres ses photos ses d\u00e9chets chaque trace laiss\u00e9e furtive au creux du lavabo. Ta crasse tes assiettes sales comme autant de reliques. Emmur\u00e9e de mon chef au tombeau familial. Car il \u00e9tait la seule mon couple ma seule cellule. Orpheline par trois fois songeais-je \u00e0 chaque minute perch\u00e9e au tabouret de la cuisine salp\u00eatre. La d\u00e9pouille du mari 8 rel\u00e9gu\u00e9e au placard son ombre vers mon lit a paru se baisser par un trop obs\u00e9quieux versatile Peter Pan surgit comme un alien du Nerver-Never-Toi. J\u2019ai tent\u00e9 quelquefois de fouiller en ces limbes cabriolantes froideurs engagement rejet\u00e9 tr\u00e9fonds du coffre \u00e0 jouets. Pour accrocher vestiges pour retrouver son \u00e2me incantations volutes en croches \u00e9poumon\u00e9es et moi je lui tendais mes mains pour l\u2019embrasser. A chaque larme \u00e9chapp\u00e9e redoublait cruaut\u00e9. A chaque supplication s\u2019avalanchaient reproches et distance roc haineux alchimie l\u2019or en plomb vois ma pauvre comme tout change. Dans son sommeil onctueux je violais son sourire mais je n\u2019ai plus trouv\u00e9 qu\u2019un horrible m\u00e9lange nulle sauvegarde aux d\u00e9combres il s\u2019irradiait \u00e0 l\u2019autre d\u2019os et de chair meurtris et tra\u00een\u00e9s dans la fange excommuni\u00e9e r\u00eaveries \u00e0 l\u2019aum\u00f4ne impuissante des lambeaux plein de sang et des membres affreux aux pertes irr\u00e9versibles il faut savoir parfois prendre sans mouche son parti et quelques accessoires emmaillotant brocards en points mouss\u00e9s l\u2019\u00e9chec que des chiens d\u00e9vorant se disputaient entre eux. La phal\u00e8ne \u00e9cras\u00e9e sous l\u2019\u00e9talon des tra\u00eetres il ne me restait plus qu\u2019\u00e0 changer de p\u00e9ch\u00e9 sous l\u2019\u00e9gide paillet\u00e9e de la parturition.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l\u2019orgueil ornement des guerriers sacrifi\u00e9s je tricotais f\u00e9brile l\u2019\u00e9charpe pour me draper. Il en a fallut des dimanches pour que la cotte de maille se pare lourdes phal\u00e8res cuirasse trop amphibie pour r\u00e9sister sans rouille aux torrents d\u00e9vid\u00e9s lorsque d\u2019un croisement d\u2019yeux la cataracte ourdie par ton d\u00e9go\u00fbt de moi reprenait de plus laide. Il en a fallut des dimanches. Des samedi et des vendredi. Aussi. Scander la chansonette du Da\u2019wah outrancier pour se gaver de soi n\u2019est pas donn\u00e9 \u00e0 qui ne pensa que par l\u2019autre. J\u2019avais pour ma pri\u00e8re quatre choix annonc\u00e9s. La nature est un temple o\u00f9 de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles surtout quand dans sa qu\u00eate on veut se pr\u00e9server et du mal qui fleurit et des spleens provinciaux qui n\u2019\u00e9pargnent personne. J\u2019avais pour ma pri\u00e8re le tableau consacr\u00e9. Th\u00e2bit en attribut le stable dit 903 cat\u00e9gorie Terrible avec la Haine pour vice l\u2019eau et l\u2019alo\u00e8s blanc Jupiter plan\u00e8tant le Twahy\u00fbsh pour g\u00e9nie et ma rage pour alli\u00e9e. Mais des maux d\u00e9cha\u00een\u00e9s j\u2019y perdis mon latin et mon sens syst\u00e9mique. L\u2019exorcisme islamique s\u2019achevait aux sept voiles et Salom\u00e9 baillait au plateau rutilant de tes Saints Jean Baptiste. A l\u2019aube du sixi\u00e8me jour si maintes fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9e j\u2019amor\u00e7ais pour la forme le recul m\u2019assurant que les n\u0153uds d\u00e9tendus l\u2019\u00e9taient de part et d\u2019autres. Le Da\u2019wah satinait je sortais seule le soir et parfois m\u2019octroyais une \u00e9treinte passag\u00e8re dans le lit d\u2019un vestal dont j\u2019\u00e9pargnais souvent carotide roubignoles et ce par mansu\u00e9tude plus que par lassitude au petit d\u00e9jeuner. L\u2019Hostilit\u00e9 r\u00e9gna j\u2019invoquais grand Z\u00e2hir attribut \u00e9vidence qui s\u2019imposait alors sign\u00e9 1106 toujours aussi Terrible eau jasmin et Mercure Ghaf\u00fbp\u00fbsh est lanc\u00e9. L\u2019\u00e9crit saint s\u2019irisait je t\u2019oubliais des heures et m\u2019\u00e9tonnais encore que se fut si facile en d\u00e9pit de l\u2019envie permanente de voir moulin\u00e9 os et \u00e2me sous les roues qui tournent mon cher ange qui ne cessent de tourner je t\u2019avais bien pr\u00e9venu vois c\u2019est chacun son tour. En guise de soutien mon appui gu\u00e9rison arabe vernaculaire je reste d\u00e9racin\u00e9e avant m\u00eame du terreau avoir go\u00fbt\u00e9e le suc l\u2019Ecriture sibylline restait fin de journ\u00e9e. Le Sphinx lui-m\u00eame savait qu\u2019\u00e0 la tomb\u00e9e nocturne une canne est n\u00e9cessaire. Je m\u2019agenouillais Ghaf\u00fbr jolie divinit\u00e9 scandais 1285 mes doigts manucur\u00e9s claquant sans aucune crampe. Son attribut sacr\u00e9 \u00e9tait Grand Pardonneur on le disait Aimable et de toutes les vertus il avait la meilleure en ces temps gangren\u00e9s o\u00f9 m\u00eame la France moisit. Au tableau o\u00f9 couchaient sillons enluminures se pr\u00e9lassait doucette promesse Convalescence. La Terre et la Girofle embaumant \u00e0 la Lune \u2018Arkup\u00fbsh prot\u00e9geant mes efforts et mes souhaits car c\u2019est un bon g\u00e9nie pour qui sait s\u2019y frotter. Les semaines s\u2019enfilaient perl\u00e9es petites souris \u00e0 mon dernier appel le Ciel fut tellurique et exau\u00e7a mes l\u00e8vres au-del\u00e0 des saisons. La chati\u00e8re cicatrise la porte s\u2019est coul\u00e9e plomb plus qu\u2019un saphir blindage reculez je suis sourde les Raminagrobis expurg\u00e9s en dermite les \u00e2ges en sont la cause les queues de pelles et les brises sombres aussi. J\u2019ai dit quartier d\u2019orange Qu\u00e2dir au 305 le Puissant Compos\u00e9 la vertu est D\u00e9sir chez V\u00e9nus coquill\u00e9e et dans l\u2019eau toujours l\u2019eau Shamy\u00fbsh saura veiller. Qu\u00e2dir mon dernier Dieu. Qu\u00e2dir mon suppliqu\u00e9. Qui a su dans ma gr\u00eale laisser \u00e9clore le reste les bourgeons du destin les p\u00e2querettes encensoir les roses ressuscit\u00e9es. Il est beau germinal mon d\u00e9sir revenu. Je referme le Da\u2019wah sa reliure brune vernie craqu\u00e8le quand on la touche. La magie verget\u00e9e \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 les sorci\u00e8res ont de la cellulites et une carte de s\u00e9jour au Gymnase Club de l\u2019angle ce n\u2019est pas \u00e9tonnant me dis-je dans le canap\u00e9 blanc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un lundi vint un peu plus t\u00f4t. Et j\u2019en fut la premi\u00e8re surprise. Peut-\u00eatre parce que cette fois je pr\u00e9f\u00e9rais me taire. Peut-\u00eatre parce cette fois les mots t\u2019avaient manqu\u00e9s. Serait-il donc possible du moins envisageable que le scalpel luisant qui sut trancher les liens op\u00e9ra dans l\u2019alc\u00f4ve du bloc r\u00e9frig\u00e9r\u00e9 la langue du moins la n\u00f4tre la laissant transexuelle tes bas-fonds r\u00e9sili\u00e9s. Serait-il donc possible que le loup hors du bois y perde rep\u00e8res et queue \u00e0 force de cris de pierre la lapidation lasse c\u2019est un fait entendu. Un mardi s\u2019\u00e9veilla sans peine. S\u2019en suivit mercredi sans le moindre incident. Je d\u00e9liais en man\u00e8ge mon petit appendice buccal \u00e0 l\u2019hippocampe qui effectuait sagement dressage et exercices. Un jeudi se cabra en repr\u00e9sentation nulle chute tressautassi\u00e8re aux obstacles inflig\u00e9s. Nulle chute \u00e0 la d\u00e9charge du logos escrim\u00e9. J\u2019avais appris ta langue. Que dis-je ta langue la v\u00f4tre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus aucun vendredi ne pourrait m\u2019effrayer. Plus aucun vendredi. Ne parlons pas du reste. Le d\u00e9sir ranimant je suis le rat d\u2019autel qui d\u00e9livra le n\u0153ud \u00e0 coup de dents je dis je suis le rat d\u2019autel qui lib\u00e9ra poignets de mon Iphig\u00e9nie. Plut\u00f4t que de chercher le coupable ventru mieux vaut plonger la lame avant qu\u2019il y ait victime. La connaissance s\u2019arbuste \u00e0 l\u2019anguille qui fr\u00e9tille au creux du je sais o\u00f9 je l\u2019ai enfin p\u00each\u00e9e votre anguille verbale qui a tout commenc\u00e9. On dit la nouvelle Eve. Songez donc \u00e0 Lilith et inqui\u00e9tez-vous en. Les chagrins entretenus vous rongeront le c\u0153ur chacun son t\u00e9tanos la salive est acide. L\u2019impuissance engourdie la syntaxe caverneuse. Ils sont de porcelaine, les vases communicants. Ils sont de porcelaine et durent plus qu\u2019un \u00e9t\u00e9. La preuve c\u2019est qu\u2019aujourd\u2019hui c\u2019est dimanche. Et lui aussi a les yeux bleus.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Ecrit durant l&rsquo;hiver 2000, ce court r\u00e9cit a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 l&rsquo;automne suivant aux\u00a0Editions du N\u00e9ant. Le livre \u00e9tant \u00e9puis\u00e9, ici repose le texte int\u00e9gral. &nbsp; C\u2019est facile de ha\u00efr les dimanches en fait. Peut-\u00eatre m\u00eame un peu trop en &hellip; <a href=\"https:\/\/chloedelaume.net\/?page_id=304\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":111,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"footnotes":""},"class_list":["post-304","page","type-page","status-publish","hentry"],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/P3Xt8S-4U","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chloedelaume.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/304","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chloedelaume.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/chloedelaume.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chloedelaume.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chloedelaume.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=304"}],"version-history":[{"count":36,"href":"https:\/\/chloedelaume.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/304\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1993,"href":"https:\/\/chloedelaume.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/304\/revisions\/1993"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chloedelaume.net\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/111"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chloedelaume.net\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=304"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}