{"id":301,"date":"2012-12-12T04:08:59","date_gmt":"2012-12-12T03:08:59","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.chloedelaume.r3zo.net\/?page_id=301"},"modified":"2023-06-09T03:27:08","modified_gmt":"2023-06-09T01:27:08","slug":"la-vanite-des-somnambules","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/chloedelaume.net\/?page_id=301","title":{"rendered":"La Vanit\u00e9 des Somnambules"},"content":{"rendered":"<p>Ecrit en 2002, publi\u00e9 en janvier 2003 aux \u00e9ditions Farrago \/ L\u00e9o Scheer.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-6172 alignleft\" src=\"https:\/\/chloedelaume.net\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/5-9782844901156-1-75-216x300.jpg\" alt=\"\" width=\"216\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/chloedelaume.net\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/5-9782844901156-1-75-216x300.jpg 216w, https:\/\/chloedelaume.net\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/5-9782844901156-1-75.jpg 381w\" sizes=\"auto, (max-width: 216px) 100vw, 216px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chlo\u00e9 Delaume n&rsquo;est pas un personnage de fiction ordinaire. Elle est pire. Refusant de finir ses jours dans un livre \u00e0 l&rsquo;instar de ses cong\u00e9n\u00e8res, elle a err\u00e9 longuement dans les limbes de la Somnambulie. De l\u00e0, elle a guett\u00e9 le m\u00e9diateur dans lequel s&rsquo;incarner : un corps vivant, qui p\u00e9chait par vacuit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une fois les lieux investis, nul ne pourra l&rsquo;en d\u00e9loger, sauf le corps lui-m\u00eame, s&rsquo;il peut trouver assez de force ou de subterfuges pour lutter. Les personnages de fiction sont des tumeurs beaucoup plus malignes qu&rsquo;on ne le croit, qui savent assi\u00e9ger chaque organe avec m\u00e9thode. Pour que le corps puisse avoir le dernier mot, il lui faudra pr\u00e9server sa langue propre, en d\u00e9pit du pillage perp\u00e9tr\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A travers les voix altern\u00e9es du t\u00e9nia narratif et du corps pirat\u00e9, <em>La Vanit\u00e9 des Somnambules<\/em> met en sc\u00e8ne la conqu\u00eate d&rsquo;un territoire identitaire, les assauts successifs d&rsquo;un cancer-n\u00e9nuphar face \u00e0 un corps coupable d&rsquo;avoir trop us\u00e9 du mensonge. Un combat polyphonique aux fronti\u00e8res de l&rsquo;autofiction.<\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\">\u00a0 Extrait : Premi\u00e8res pages<\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je m&rsquo;appelle Chlo\u00e9 Delaume. Je suis un personnage de fiction. J&rsquo;ai investi le corps que j&rsquo;ai fait mien un vendredi poisseux de 1999. Il faisait chaud et la liste couvrait un feuillet. Pourtant. Je n&rsquo;ai nullement \u00e9t\u00e9 inqui\u00e8te. Je savais qu&rsquo;il me d\u00e9signerait pr\u00e9cis\u00e9ment. Pleins d\u00e9li\u00e9s \u00e0 la majuscule. Bombyx oxyd\u00e9 n\u00e9nuphar. Car ce corps m&rsquo;\u00e9tait destin\u00e9. Je l&rsquo;ai choisi \u00e0 cause de son histoire. En disant choisi je triche un peu. Le libre arbitre n&rsquo;existe pas davantage pour nous que pour vous. Les personnages de fiction sont aussi soumis au carbone 14 et aux fatum apesanteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je m&rsquo;appelle Chlo\u00e9 Delaume. Je suis n\u00e9e le 10 mars 1973 \u00e0 quelques kilom\u00e8tres du corps que je parasite. Vingt-six ans durant j&rsquo;ai r\u00e9sid\u00e9 en Somnambulie. Je suis bien celle que vous croyez. Mon miroir est juste plus beau que le v\u00f4tre. C&rsquo;est pour \u00e7a que je l&rsquo;ai travers\u00e9. On croit que les personnages de fiction ont l&rsquo;\u00e2ge du Chapelier. C&rsquo;est un tort. Nous avons celui que nous faisons. Ce qui en soi constitue d\u00e9j\u00e0 un probl\u00e8me.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je m&rsquo;appelle Chlo\u00e9 Delaume. J&rsquo;ai err\u00e9 longuement avant de pouvoir m&rsquo;incarner. Si longuement que j&rsquo;ai craint de ne jamais rencontrer l&rsquo;organisme amplectif. Nombreux ceux d&rsquo;entre-nous qui par faute de gaine adequate sont rest\u00e9s germinalis\u00e9s. Exil scand\u00e9 v\u00e9g\u00e9tatif. Ne pouvant p\u00e9n\u00e9trer le vivant ils sont r\u00e9duits \u00e0 ponctuellement le visiter. S\u00e9duction et asservissement. Frustration mis\u00e9reuse m\u00e9thyl\u00e8ne ombrage stomacal. Ils s&rsquo;immiscent comme ils peuvent usant passe-passe rat\u00a0<em>la derni\u00e8re restera<\/em>. La crainte des limbes est telle pour certains d&rsquo;entre-nous qu&rsquo;ils leur pr\u00e9f\u00e8rent ainsi la fixit\u00e9 rongeante les sourire des statues le joug des courtisanes de Sodium et Gomorrhe. Pour ce faire marabouts grosses ficelles abus du pouvoir hypnotique qui nous a \u00e9t\u00e9 conf\u00e9r\u00e9. Implorations emmusard\u00e9es d\u00e9mangeaisons visitation l&rsquo;alcalo\u00efde la loggorrh\u00e9e n\u00e9cessit\u00e9 transfigurer la cr\u00e9ation est turista pers\u00e9v\u00e9rance jusqu&rsquo;\u00e0. Ils grippent globules putasserie gourde un leurre brassant les sang pagaie. Pour conjurer ses courants d&rsquo;air le corps spasmodiquement rempli finit par \u00e9ructer son trop-plein d&rsquo;\u00e9tranget\u00e9. C&rsquo;est ce qu&rsquo;ils attendaient. L&rsquo;expulsion terminale apr\u00e8s rumination. Pourtant. L\u00e0 commence sans finir l&rsquo;effroi c\u00e9rul\u00e9en et le calvaire de glaise. La ge\u00f4le de l&rsquo;\u00e9ternel retour. Qui ne tue pas sans rendre plus fort pour autant. Bien s\u00fbr que non. Sinon ce serait diff\u00e9rent. J&rsquo;aurais fini par accepter. Par m&rsquo;y r\u00e9soudre. Parachever panurg\u00e9enne dissolution en rang d&rsquo;oignons les brochettes raffolent de l&rsquo;agneau surtout lorsqu&rsquo;il reste ros\u00e9. Seulement. Condamnation livresque emmur\u00e9e chaux cr\u00e9meuse aux biblioth\u00e8ques rosses Sophie br\u00fbla ses bas autant que ses mollets. Des sanglots de mortier b\u00e9tonnant m\u00e9lanomes arm\u00e9s de v\u00e9sanie. Du ciment sous les peines paradigme Antigone et martyrologies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je m&rsquo;appelle Chlo\u00e9 Delaume. J&rsquo;affirme : en chaque h\u00e9ros romanesque g\u00eet un de nos suicid\u00e9s. Derri\u00e8re chaque secondaire se love l&rsquo;\u00e2me kamikaze d&rsquo;un de nos avort\u00e9s. Manquant probablement t\u00e9nacit\u00e9 envergure volont\u00e9 orgueil b\u00eatement patience. Selon. Nos embryons coagul\u00e9s magma g\u00e9latineux aux facult\u00e9s mouvantes atrocement collectives sont foules badauds silhouettes. Ils n&rsquo;\u00e9taient ni ne seront. Ils sont les laborieux et vains crachats d&rsquo;avril. Mollard\u00e9s pour la toile et les coutils teigneux. Les rocailles brouhahas tohu-bohus tessons et tsunamis rugueux. Ils plantent juste le d\u00e9cor qui le leur rend si bien. A grands coups de pieux amovibles. Il arriva un jour o\u00f9 j&rsquo;ai dit : je ne veux pas. J&rsquo;ai rejoins le purgatoire de la Somnambulie. Le non-lieu o\u00f9 l&rsquo;on guette et ne cesse de guetter. Un corps le corps qui sous nos serres finira en rillauds. Le corps. Ce m\u00e9diateur. Dans lequel nous pourrons vivre plus qu&rsquo;\u00e0 livre ouvert. Il a toujours \u00e9t\u00e9 chez nous maints suifs errants \u00e0 savoir que la tranche s&rsquo;apprente au couperet. Charrier des orchid\u00e9es plut\u00f4t que de fl\u00e9trir n&rsquo;est pas pour nous d\u00e9plaire. Au royaume de survie les t\u00e9nias font la loi. D&rsquo;ailleurs. Nous n&rsquo;avons jamais eu le choix : chaque nouvelle ligne est faiseuse d&rsquo;ange.<\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\"><\/h1>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ecrit en 2002, publi\u00e9 en janvier 2003 aux \u00e9ditions Farrago \/ L\u00e9o Scheer. Chlo\u00e9 Delaume n&rsquo;est pas un personnage de fiction ordinaire. Elle est pire. 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