{"id":282,"date":"2012-12-12T03:36:05","date_gmt":"2012-12-12T02:36:05","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.chloedelaume.r3zo.net\/?page_id=282"},"modified":"2015-01-01T13:56:03","modified_gmt":"2015-01-01T12:56:03","slug":"chanson-de-geste-opinions","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/chloedelaume.net\/?page_id=282","title":{"rendered":"Chanson de geste &#038; Opinions"},"content":{"rendered":"<p>Editions Mac \/ Val, f<span style=\"font-size: 14px;\">\u00e9vrier 2007.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-2116\" title=\"vign-collec-fiction\" src=\"http:\/\/wp.chloedelaume.r3zo.net\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/vign-collec-fiction-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/>Le\u00a0Mus\u00e9e d&rsquo;art contemporain du Val de Marne propose depuis 2006 \u00e0 des auteurs de s&#8217;emparer de l&rsquo;univers d&rsquo;artistes figurant dans sa collection permanente pour en faire de courtes fictions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce petit livre a pour sujet l&rsquo;oeuvre de Pascal Pinaud, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment son geste de peintre. Parodiant la\u00a0<em>Morphologie des contes de f\u00e9es<\/em>\u00a0de\u00a0Vladimir Propp, il met en sc\u00e8ne trois personnage emprunt\u00e9s \u00e0 Raymond Queneau : \u00a0le\u00a0duc d&rsquo;Auge, la jeune\u00a0Zazie\u00a0et le\u00a0perroquet\u00a0Laverdure. Leur qu\u00eate consistera \u00e0 assouvir le caprice d&rsquo;une reine ubuesque et collectionneuse, qui exige \u00ab\u00a0l&rsquo;essence de PPP\u00a0\u00bb, sigle usit\u00e9 par l&rsquo;artiste \u00ab\u00a0Pascal Pinaud Peintre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Extrait : les deux premiers chapitres<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1. Situation initiale\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il \u00e9tait une fois un pays dont le roi augmentait ind\u00e9finiment ses richesses, mangeait fort souvent de l&rsquo;andouille et roulait carrosse par les rues. Chaque ann\u00e9e, \u00e0 la Saint Panmuphe, le glorieux souverain faisait sonner trompettes, r\u00e9veillant le royaume \u00e0 renfort d&rsquo;acouph\u00e8nes et de oyez ventrus. La foule se pressait sous les cuivres, grouillait aux marches du palais, \u00e9paisse, curieuse, enjou\u00e9e, agitant de petits drapeaux. Des quarante-deux mondes s&rsquo;en venaient de jeunes princes, h\u00e9ros, aventuriers, amazones et preux chevaliers, nobles vieillards, barons rougeauds. Tous venaient pour la prime, ou supprimer leurs dettes, \u00e7a d\u00e9pendait des cas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce que la reine souhaitait pour son anniversaire, qui le lui procurerait obtiendrait ce qu&rsquo;il veut. Ou presque, et en retour. Ce que la reine souhaitait en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, le roi lui accordait et le plus vite possible. A cause de la migraine, et puis des g\u00e9nocides et de tous les amput\u00e9s; le risque, les cons\u00e9quences. La reine \u00e9tait fragile, un esprit singulier, le go\u00fbt de l&rsquo;art et de la cruaut\u00e9. Un m\u00e9c\u00e8ne capricieux, une magicienne collectionneuse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce que la reine voulait pour son anniversaire, c&rsquo;\u00e9tait encore plus compliqu\u00e9 \u00e0 fabriquer que les robes de Peau d&rsquo;Ane. Tellement plus compliqu\u00e9 \u00e0 fabriquer qu&rsquo;\u00e0 travers tout le royaume personne n&rsquo;y arrivait jamais. Des souliers couleur de fin des haricots, des machines \u00e0 d\u00e9monter le temps ou des \u00e2mes \u00e0 peindre soi-m\u00eame, le roi ne pouvait qu&rsquo;importer en s&rsquo;en remettant ouvertement \u00e0 du personnel qualifi\u00e9 exer\u00e7ant en free lance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;\u00e9tait des choses \u00e9tranges, ce que d\u00e9sirait la reine pour ses anniversaires. De plus en plus \u00e9trange. Des objets f(x), fonctions et inconnues, factorisations d\u00e9veloppement. Du pot-aux-roses un lourd bouquet. Des tapisseries de vices de formes, de la poudre d&rsquo;abstraction saignante au moulinet. Des organes en bocaux, le silence en gros plan, un refrain en si mineur et sol vernaculaire, la voix lact\u00e9e du soleil vert quand il chuchote \u00e0 ses \u00e9toiles la fin de son second couplet. Des manuscrits, des plantes, des pierres ruisselantes et maudites, des racines de tableaux, des factures \u00e0 air comprim\u00e9, des jambes de grand-m\u00e8res ou le cuissot de Rimbaud, voire la vie sexuelle d&rsquo;une papesse. Autant dire que des trucs qu&rsquo;on ne trouve pas sous le sabot de Stewball, vous en conviendrez ais\u00e9ment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A chaque cadeau, son \u00e9nigme et sa qu\u00eate. Nous entendons par qu\u00eate un p\u00e9rilleux p\u00e9riple morphologiquement structur\u00e9 par des emmerdements.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2. Ensuite<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">_ Alexandre Lenoir mon cul, lui r\u00e9pondit Zazie. Il est mort en 1839, r\u00e9fl\u00e9chissez deux secondes. 1839, c&rsquo;est Les noces juives au Maroc d&rsquo;Eug\u00e8ne Delacroix et l&rsquo;ann\u00e9e de naissance de C\u00e9zanne. Alors il a peut-\u00eatre invent\u00e9 le mus\u00e9e, votre zig, mais question art contemporain je suis s\u00fbre qu&rsquo;il ne vaut pas un clou.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le duc d&rsquo;Auge \u00e9tait fatigu\u00e9. Cela faisait de longs jours qu&rsquo;il se coltinait la petite, ses remarques aga\u00e7antes et son perroquet vert, le tout en sentiers montagneux. Il s&rsquo;assit, enleva ses poulaines, trempa ses pieds crasseux dans l&rsquo;eau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">_ Tu causes, tu causes, c&rsquo;est tout ce que tu sais faire, remarqua Laverdure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le duc d&rsquo;Auge ne releva que ses braies. Il irait voir cet homme, c&rsquo;\u00e9tait son unique piste. Si la m\u00f4me n&rsquo;\u00e9tait pas contente, elle pouvait prendre sa bestiole et s&rsquo;en aller au diable vauvert. Ca ne l&rsquo;amusait pas non plus, cette visite au fant\u00f4me d&rsquo;un conservateur. Mais c&rsquo;\u00e9tait le seul indice d\u00e9livr\u00e9 par Merlin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une ampoule sous son talon droit creva \u00e0 l&rsquo;aigu d&rsquo;un galet. Le ciel \u00e9tait bleu et hypocrite ; derri\u00e8re, la berge, et. D\u00e9cidemment, cette histoire l&rsquo;ennuyait. Il avait esp\u00e9r\u00e9 y augmenter ind\u00e9finiment ses points d&rsquo;exp\u00e9rience, y pourfendre une stup\u00e9fiante vari\u00e9t\u00e9 de dragons, nager de bosse en bosse et copuler au fil des fleuves. Si son fid\u00e8le destrier n&rsquo;\u00e9tait pas actuellement chez le pr\u00eateur sur gages, le duc laisserait choir cette mission. Il s&rsquo;enfon\u00e7a jusqu&rsquo;\u00e0 mi-cuisses, le torrent mordait sa chair. Sur la rive Zazie s&rsquo;agitait, en proie \u00e0 de singuliers d\u00e9bordements.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui inqui\u00e9tait la mouflette, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;ignorance de la forme, du support comme de la surface. Pour elle c&rsquo;\u00e9tait abstrait, difficile \u00e0 comprendre, \u00e0 se repr\u00e9senter, ce que la reine voulait. Elle avait en bernique ing\u00e9nieusement harponn\u00e9 le duc, lui offrant ses services et sa menue escorte contre, en cas de r\u00e9ussite, une carte Navigo. Echouer serait mourir avant que la mer fut. Un oracle le lui a confi\u00e9, depuis, gu\u00e8re rassur\u00e9e, elle prenait l&rsquo;affaire au s\u00e9rieux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le duc ne cherchait pas l&rsquo;\u00e9change de vues, juste un panorama aux angles arrondis. Mus\u00e9es, biblioth\u00e8ques, vitrines. Etudier les archives, une tra\u00e7abilit\u00e9. Consulter nombre de sp\u00e9cialistes. Scanner, analyser, capter, d\u00e9duire. Des aptitudes certaines mais tr\u00e8s peu adapt\u00e9es, alors maintenant il fait la planche.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Editions Mac \/ Val, f\u00e9vrier 2007.\u00a0 Le\u00a0Mus\u00e9e d&rsquo;art contemporain du Val de Marne propose depuis 2006 \u00e0 des auteurs de s&#8217;emparer de l&rsquo;univers d&rsquo;artistes figurant dans sa collection permanente pour en faire de courtes fictions. 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