#270
Je prends l'avion dans treize heures. Cette nuit, dernière promenade dans les jardins déserts. J'aurais vécu quelque chose de très fort, parce qu'à beaucoup de moments, la solitude. Que j'ai su remplir. Je n'ai pas connu l'ennui. L'accablement à cause de la chaleur qui englue le cerveau, la pensée en grumeaux, oui. La panique du sans l'autre, aussi. Mais pas l'ennui. Ce qui constitue une victoire personnelle.
J'amorce le cinquième chapitre de l'essai, mais je sens que les chapitres, leur taille, ça ne veut plus rien dire. Soit il va y en avoir des beaucoup plus longs que ceux du début, soit il va y en avoir plein de très courts, soit je vais être grave dans la merde. Parce que là, ils sont courts, j'en suis qu'à la page 18.
Je me rends compte que l'essai, en fait, ça se bosse comme un roman qui nécessiterait beaucoup de préparation. De recherches préalables. Il y en a toujours, mais là, plus. Et des vraiment, mais alors vraiment pas marrantes. La théorie, c'est pas mon truc, heureusement que cette phase est achevée. Il n'y a plus qu'à écrire.