#255

Petite pause dans le bouclage de TINA. On travaille par Google docs, ça va plus vite, chacun valide ou non les propositions des textes collectifs. Avec Jean-Charles Massera, on bosse par ailleurs sur un texte sous forme d'échange de mails, qui pose des questions de fond sur la forme et l'esthétique en littérature contemporaine. Je pensais mourir, parce que la théorie me fait encore peur, mais en fait c'est très stimulant et amusant.

Cet après midi, je vais voir Le Maître. J'y vais chaque semaine, depuis de nombreux mois. Je pense qu'il ne serait pas très content d'apprendre que je l'appelle comme ça. Il n'est pas dans ce type de rapports. Il est incroyablement humble pour un écrivain de son niveau. Sûrement parce qu'il est dans l'écriture, la littérature, pas dans le marché éditorial. Le Maître n'a pas conscience de ce qu'il est, juste d'où il se trouve. Une fois, alors qu'il m'avait rendu un service, je l'ai remercié. Il m'a dit : Pas de ça entre nous. Puis : Enfin, Chloé, nous sommes dans le même bateau. Et d'ajouter dans un éclat de rire : Mais bon, moi je voyage en première classe. Le Maître aime les chutes à tiroirs, d'où le fait qu'il ait conclut : Et ce bateau, c'est le Titanic.

J'aime infiniment aller chez Le Maître. Les discussions sont axées sur la littérature, les pratiques d'écriture, les agencements formels, les cas concrets que l'on rencontre dans nos propres textes en cours. Parfois, Le Maître me lit un extrait de son texte encore en fabrication, ou issu d'un livre qui le nourrit en ce moment. Moi j'apporte des ouvrages expérimentaux qu'il ne connaît pas. C'est vraiment un échange. Son amitié m'est très précieuse.

C'est une bonne semaine, intense, rythme soutenu. Demain re-TINA, puis le soir, assister à la performance d'Emilie Notéris à l'ENCSI. C'est donc le 18 juin à 19h30 et c'est à cette adresse.