#183
En attendant de m'énerver sur un objet que je n'ai pas terminé de lire, un petit extrait du dernier livre de Dominiq Jenvray, L'E.T., fiction concrète, qui vient de sortir chez Déplacements.
"Fagment 12. Concrek. La langue concrète est l'avenir de la littérature.
qu'une langue concrète y mette de l'utilité
comment la forme la révulser lui donner une méthode d'être compréhensive la retourner l'y mettre dans un autre état tout en utilisant la langue qui dit l'action est-ce cela la langue qui dit l'action doit être en la forme de l'action
qu'une langue concrète y mette de l'utilité
c'est utile la langue qui dit n'a pas seulement sa forme elle donne des ordres et dit quoi faire c'est utile la langue s'efforce de transmettre des messages clairs des décisions et toute la pensée qu'elle se met en état de dire la langue c'est utile et d'y placer toute l'utilité aux formes qu'emploient la langue utile à l'action qui est dite parce que dire autre chose que l'action intéresse peu le monde qui fait
qu'une langue concrète est une langue d'action
cela ne reste pas dans les idées de forme de dire ce qui serait mieux à faire forme à métaphore forme qui fait croire forme qui emploie un vocabulaire qui renvoie à un vovabulaire qu'ainsi de suite ne se dit pas précisément mais dans l'absolu des termes flous qu'une langue d'action ne prononce jamais ontologie ni matérialisme parce que s'y rapporte trop d'inconnu que cela n'est pas utile à l'action que cela fait dire seulement à des fins de dire pas à des fin d'action
qu'une langue concrète dit comment faire de l'action
la langue s'arrête en sa plainte de dire ce que fait l'action à la personne se sait que c'est bien triste mais que cela jamais ne suffira à la langue de porter la plainte et penser c'est dire jusqu'au bout quels moyens se donne la pensée de faire de l'action par quels termes en expliquant bien
qu'une langue concrète dit que la rencontre affecte la langue de communication
la langue usuelle celle quotidienne employée chaque jour y sera incluse dedans du vocabulaire avec extraterrestre et s'en déduira la syntaxe agençant les mots entre eux avec une manière extraterrestre et des termes techniques ainsi les moyens de déplacement s'en trouveront soumis à des vitesses différentes sans doute plus rigides que la prononciation même de la parole sera celle d'une langue plus pressée si prompte à dire l'évènement et que la rencontre se dira à la manière de la surprise la plus inattendue comment être surpris dans sa langue à dire
que la littérature dit l'évènement avec une langue concrète
(...) "
lien permanent
#182
Mise en ligne de 25 décembre, une chanson écrite pour Sylvain Courtoux, qui en a composé la musique, et chantée en duo avec lui. C'est une maquette, nous avons travaillé par mail, en nous envoyant les bandes. La fin est beaucoup trop longue, mais je ne pouvais pas couper sans que ça fasse tout bizarre.

#181
Aujourd'hui pas d'ajout de lecture, ni de son. J'ai fini cette nuit la nouvelle version de ma Clotilde Mélisse pour Dans ma maison sous terre, ça a été l'angoisse, j'ai plus de cerveau.
Faire une modification des mois après avoir achevé un livre, ça ne m'était jamais arrivé. C'est très compliqué, on n'a plus la même musique, la même dynamique, voire le même point de vue. Je suis contente du résultat mais ça a pris 48h à plein.
Ajourd'hui, donc un lien. Qui mène au site de Dominiq Jenvrey, qui vient juste d'ouvrir. Dominiq est écrivain et critique. Il est animateur de la revue TINA, c'est comme ça que je l'ai rencontré. Enfin, avant, j'avais lu L'EXP. TOT., évidemment. Son site propose un jeu auquel je vais participer, via mon site. Je pense que les autres auteurs et bloggers présents sur la toile feront que ce jeu rebondira de lieu en lieu.

#180
Aujourd'hui, c'est journée kafkaland. Je croule sous l'administratif. Ca tombe assez mal, je me suis rendu compte ce week-end qu'il y avait tout un chapitre à refaire dans Dans ma maison sous terre, celui de Clotilde, ma première morte. Il ne me semble plus adapté. Reprendre un chapitre d'un livre fini, c'est difficile. Je le fais vraiment pour le bien de l'objet, étant personnellement déjà passée à autre chose. Mon roman en cours est plus sec, ce n'est pas du tout la même musique, ça nécessite de l'adaptation, mine de rien.
J'hésite et je panique. Il me faut tout reprendre, et en même temps remplir des dossiers, renvoyer des contrats. Alors je laisse les deux en plan, je joue à Colonization et j'écoute Baiser avec une Boat people de Thierry Théolier, avant de l'entendre en vrai le 11 octobre.

#179
Remarque 1 : Changement du design du site, réalisé par François Alary (Dévastée), remixé par Mycroft, et intégré par Igor Tourgueniev via un outil développé par Rugama.
Remarque 2 : Ajouts de textes téléchargeables en PDF et de sons et chansons en mp3.
Remarque 3 : Le mieux, c'est de se promener dans le site pour y voir les changements.
Remarque 4 : Ici, ça n'a jamais vraiment été un blog. Questionnements sur la politique éditoriale de Remarques & Cie, mais y mettre des guillemets, ou mieux, de l'italique, des astérisques, peut-être, mais trouver quelque chose qui souligne physiquement l'éloignement.
Remarque 5 : Conclure que c'est un chouette espace, et que c'est vrai que c'est dommage de l'avoir abandonné ces derniers temps.
Remarque 6 : Faire en sorte qu'il se passe toujours quelque chose, tous les deux ou trois jours, ici. Paniquer face à cette résolution qui implique que je vais devoir à nouveau interagir avec mon environnement, lire avec régularité, communiquer. Ouvrir les chantiers en cours, aussi. Extraire des bribes textes et sons. Brouillons, maquettes. Plus une interface d'intranet qu'une vitrine, ce serait plus vivant, plus amusant, aussi.
Remarque 7 : Pour parfaire la visite, l'équipage vous invite à visionner ce clip, et vous souhaite un bon dimanche soir.

#178
Je refais le site, avec ma dream team. So, silencio.

#177
Ca bosse sans moi. J'ai du mal à l'admettre, moi qui ai besoin de tout contrôler, mais c'est un fait. Je suis à la maison et l'équipe d'Eden matin midi et soir est à la Ménagerie de Verre. Après la lecture sur table, où il était nécessaire que je sois présente pour les retouches du texte et certaines indications, ils sont passés sur le plateau et je ne sers plus à rien. J'y retournerai vendredi, avec le musicien. C'est normal, et c'est très bien comme ça, mais ça me perturbe. J'avais prévu de travailler avec eux durant trois semaines, j'avais dégagé le planning. Du coup, je vais m'avancer.
Quand je ne travaille pas, je deviens dingue. J'ai l'impression d'être vide lorsque je ne produis rien. C'est un truc qui est venu sur le tapis il n'y a pas très longtemps, la notion de surproduction. Un reproche qu'un ami m'a fait, indirectement. Les romans, les textes courts, les perfs, les pièces sonores, flux tendu. Trop, pas normal. Inéluctablement je fonce dans le mur, il y aura des ratés remarquables, un déraillement, l'échec. J'entends bien, seulement la notion d'échec, je m'en fous. Je ne travaille pas pour faire œuvre, j'effectue une suite d'essais qui ont une cohérence interne. Je ne m'éparpille pas, je multiplie les terrains d'investigation, nuance. Si le rythme est soutenu, c'est pour raisons cliniques, et je préfère faire une perf accessoire plutôt que de retourner à l'HP. L'important, c'est de ne pas abîmer un livre à cause des chantiers parallèle. Ca n'a jamais été le cas, au contraire.
Cette année, comme finalement la Ménagerie de Verre ne me prendra pas de temps, j'ai définis mes ateliers. L'essai sur l'autofiction à rendre dans un an, des morceaux avec Félix Jousserand et une performance texte-son avec The Penelopes. En parallèle, j'ai en charge un work shop de pièces sonores au Mac Val, d'octobre à janvier. Je dois rendre un texte sur Vian à la revue Europe le mois prochain. Je n'accepte plus rien d'autre. J'ai un projet sur les jeux vidéo pour dans assez longtemps, je vois le directeur de collection ce soir.
La question qui se pose, c'est : est-ce que je peux passer une année sans toucher à la forme roman. Ca sera la première fois que ça m'arrive, en neuf ans. J'espère que je vais trouver dans l'essai des moyens de déconstruire et m'amuser un peu. Je n'en suis pas certaine. C'est pour ça que j'ai besoin des perfs, des chantiers annexes. Faire juste un essai, ça va m'étouffer. Peut-être qu'un Plaidoyer pour l'autofiction serait plus adapté qu'un Politique de l'autofiction. Je ne sais pas.

#176
Ce week-end il faut finir Nymphea est fabula, le texte pour les Cahiers de l'Institut. C'est un témoignage du nénuphar. Je mets le début ici.
"Il n'était pas malheureux, il avait de la peine. C'est ça que je ne pouvais pas supporter. Il restait là, au bord de l'eau, il attendait. Quand c'était l'heure il allait sur la planche et s'arrêtait au milieu. Il regardait l'eau, me voyait. Quand l'heure était passée, il revenait sur le bord et regardait la photo. Il devenait très faible. Je craignais qu'il fasse un faux pas, qu'il me rejoigne, il se penchait trop. Je redoutais ce face à face. Ce n'était pas de ma faute, après tout.
Je suis coupable, je ne nie pas. Sans moi rien ne serait arrivé. Non, rien. Un amour infini, puisque sans dénouement. Du soleil et des rires, quelque chose de sucré à vous filer le diabète. Une histoire qui charrie des sourires d'orchidées à s'en rendre l'écume bien plus belle que vos jours. Mais c'est dans ma nature de manger les poumons. J'ai été fait comme ça, pour être l'adversaire accroché à sa chair, du récit le premier motif du basculement. Où m'a-t-elle attrapé, je suis de lait caillé, je suis le châtiment pour toutes les petites filles qui refusent de grandir. Je suis fleur de thorax épanoui alvéoles, mes pétales, mon complexe, s'irriguent en souterrain. Ses segments apicaux englués de fatum engageaient mes rhizomes à toujours s'enfoncer, et plus profondément. Mon âme, car j'en ai une, en souffrait atrocement.
Je suis un parasite aux corolles empesées de culpabilité. Et ça, tout le monde l'ignore. Je n'ai pas pu témoigner. La parole, on ne la donne jamais aux métaphores ; ma sève est un venin opale et silencieux. J'ai pris conscience très tôt que j'étais dans un corps qui ne me méritait pas, pas ça, non, pas moi. J'efflorais à l'orée d'une doucereuse perfection, aussi du côté droit j'ai fait de la musique, mes feuilles en xylophone reprenait son prénom. Elle s'est mise à tousser, et alors j'ai compris. Je suis le glyphe Jaguar, monstrueux Crocodile. Je porte en moi les gènes de la dévoration. "

#175
Aujourd'hui, j'ai pensé à Monsieur Plutino. Monsieur Plutino était professeur d'histoire-géographie au CES Lamartine à Houilles (78). Nous avions tous, absolument tous, peur de lui. Au point que mon Œdipe se transférait avec vigueur dès que je franchissais la salle 104, entre 1986 et 1988. Je voulais être aimée par Monsieur Plutino. Il était nécessaire que j'en sois la chouchoute, ne serait-ce que pour éviter les coups. Les coups de Monsieur Plutino portaient sur la santé mentale, combo humiliation-cruauté-Cri de l'Italien Enragé. Quand vous vous faisiez défracter le minois par Monsieur Plutino, la population locale en gardait des fissures sur l'os lenticulaire, y compris les CPPN pourtant parqués dans les préfabriqués. Vous, vous en aviez pour au mieux cinq ans sur le divan, au pire pour une connaissance immédiate et infiniment concrète de la honte, du désespoir et de la pulsion suicidaire.
Je vénérais Monsieur Plutino. Il était d'un cynisme qui me faisait tourner de l'œil. A cette époque le cynisme, je trouvais ça terriblement viril et sexy. Un peu comme le pouvoir. Surtout les hommes de pouvoir. J'étais amoureuse de Bud Fox, pas du tout de Charlie Sheen, j'en avais rien à foutre de Charlie Sheen, c'était son personnage qui m'excitais. A 13 ans je kiffais le pouvoir et le capitalisme, je n'avais aucune conscience politique. Les seuls choses qui m'intéressaient c'était le groupe Indochine et devenir la chouchoute de Monsieur Plutino.
Au second trimestre de 4e, Monsieur Plutino nous a fait contribuer à sa thèse favorite en pratiquant un interrogatoire, qui se voulait révélateur. Après nous avoir démontré que d'année en année le niveau des élèves chutait et que nous appartenions à une génération de dégénérés incultes dénuée de toute volonté d'évolution au point de mettre en danger notre propre espèce, il nous a posé une question. Nous devions répondre, les uns après les autres, sans que ne fuse aucun commentaire.
« - Avant, mes élèves, leur rêve c'était de construire un bateau, de faire le tour du monde, ils avaient des projets de vie. Mais vous, vous, votre rêve, c'est quoi ? ». J'étais en passe, après des mois de travail acharné, de détrôner l'inébranlable Séverine Pichard. Mes derniers devoirs d'histoire me permettaient de désormais prétendre au titre de nouvelle chouchoute de Monsieur Plutino. J'étais au premier rang, la première, donc, à y passer. J'ai répondu tout de suite, c'était vachement facile : « Ecrire les paroles d'une chanson pour le groupe Indochine ». Il a haussé les épaules. « J'ai dit un rêve, pas un fantasme ». Je l'avais déçu, profondément. Alors il s'est vengé tout de suite. Je ne sais plus les mots, je me souviens du rythme, du rythme de ses phrases, un saccadé vif, métallique. La musique sèche du pilonnage. Le silence des autres pendant que ça siffle, s'aiguise et tranche en tous petits bouts. Et puis le rire après le sacrifice, le rire des autres, gras, lâche, épais.
Aujourd'hui j'ai pensé à Monsieur Plutino. A beaucoup d'autres, aussi. A tout ce qu'il y a dans La dernière fille avant la guerre, en fait. Aujourd'hui j'ai vécu la phase 1 du fantasme. La phase 2 c'est d'entendre la chanson sur le disque, la phase 3 en concert. Et puis, après, c'est tout. C'est vraiment tout, franchement. Je suis un Sims ayant pour aspiration Ecrire une chanson pour le groupe Indochine. Il peut désormais se passer n'importe quoi, je m'en fous. J'ai la jauge dans le doré, et définitivement. Hou hou.

#174
J'ai vu des amis, ces derniers jours. Joué à Spore aussi, moins qu'Igor, mais pas mal. Je crois bien que Spore est le meilleur jeu sorti depuis Les Sims. Je n'en suis qu'au stade Civilisation, j'ai pas compris comment se faire des amis pendant que j'étais en phase Tribu, du coup j'ai buté tout le monde, absolument tout le monde, les cinq villages, les troupeaux de bestioles, tout, sauf les énormes machins Ogres, parce bon, pas suicidaire non plus, hein. Enfin, j'ai essayé, mais on se fait laminer d'un éternuement Les sauvegardes sont à la demande, heureusement. Je voulais avoir des amis, jouer un peuple super pacifiste, limite babos, mais la corne de bouc, les maracas, tout ça, je n'ai pas trop su m'en servir, j'avais 1 sur toutes les pancartes. Désespérant. Du coup, je suis devenu une race de prédateurs complètement maboules, qui n'aspire qu'à fabriquer et utiliser aussitôt la bombe atomique. A part un, un seul individu sur tout mon peuple. Lui, il propose de fonder ma civilisation sur la vénération des petits gâteaux. Du pur Will Wright smiley d'extase tantrique.
J'ai fait un morceau de ce week-end. Quelque chose pour la BO de Dans ma maison sous terre, ou pour le site, je ne sais pas encore. Soit Aurélie valide et ça devient un post-scriptum sonore au livre, avec des ajouts de piano à effectuer et des choses à revoir, soit je le mets à télécharger tel quel, on verra demain.
J'ai posté sur le blog de TINA, une piste de lecture.
Demain je vois Bernard Comment pour les dernières corrections de Dans ma maison sous terre, et la directrice de la Ménagerie de Verre pour Eden matin midi et soir. Nous entrons en laboratoire dans une semaine, pile. J'ai vraiment hâte. Il faut que je finisse mon texte pour les Cahiers de l'Insitut, où le nénuphar de L'écume des jours témoigne. C'est difficile à faire, parce que stylistiquement très tricoté, alors c'est assez long pour un petit chantier.
Le site va bientôt être redisigné, j'ai récupéré tous les dessins de François Alary, qui sont plus que top, il reste à faire les montages et l'intégration. Je pense que courant septembre, ce sera en ligne.
En attendant, je vais suivre à la trace les aventures de Monsieur Poulpe, le spécialiste de la cuisine et des cascades chez Nolife, la seule chaîne de télé qui propose *autre chose*. Mais alors vraiment *autre chose*.

#173
Viens d'achever ma nouvelle pour L'une & l'autre. J'aurais aimé que Narcisse et ses aiguilles se finisse bien, c'est à dire par l'acquisition des fameux escarpins. Mais en fait non. De toute façon je suis fauchée, j'ai x contrats en cours et aucun avaloir n'est arrivé dans ma boîte aux lettres. C'est pénible, et ça devient problématique.
Je viens de recevoir un très joli mail de Philippe Gasparini, qui m'explique que l'autofiction n'est pas un sujet de chapelle aux mains des universitaires au sens strict. Je me sens beaucoup plus libre depuis quelques minutes, prête à me lancer dans Politique de l'autofiction. Mais bon, avant il faut faire le texte pour Les cahiers de l'Institut. Je vais essayer de faire ça dans les jours qui viennent.
Du 15 septembre au 3 octobre, je suis en labo à la Ménagerie de Verre, avec Hauke, Anne et Ludo. Ludo, c'est le musicien. Il fait des drones géniaux. Il bossera à la guitare électrique pendant la pièce, de dos, derrière un rideau opaque. J'ai vraiment hâte qu'on y soit, qu'on travaille. C'est ma première expérience théâtrale, jusqu'ici je n'ai vécu que des adaptations, sans y participer. Ce qui est bien, c'est que nous sommes en équipe ultra réduite. Ce qui permettra vraiment des expérimentations et je l'espère aucun parasitage relationnel. Je ne sais pas à quoi ressemble une scéance de travail de ce type. Je suis curieuse et de plus en plus excitée.
Il faut que je poste quelque chose sur le blog de TINA, je participe peu. Je vais parler des Cahiers de la guerre de Duras, je pense. Des textes superbes, où toute l'oeuvre autofictive de Duras se trouve. J'ai rencontré Sophie Bogaert à Cerisy, c'est elle qui a établie cette édition chez POL avec Olivier Corpet. Elle a fait une intervention géniale sur Duras pendant le colloque. Quelque chose de passionnant et de drôle. Les durassiens sont rarement amusants, trop englués dans le respect pour la dame. Respect que je partage infiniment, mais quand même, à la fin de sa vie, elle yoyotait un chouia, la Marguerite, faut l'admettre.
A part ça, je ne sais pas quoi faire ce soir. J'hésite entre la combo Koh-Lanta Secret Story, bosser encore, ou sortir je sais pas chez qui. J'ai quand même bien travaillé cette semaine, je mérite un peu de répit. Demain j'enregistre un truc avec les Pénélopes, mais le soir, ce qui me laisse le temps de me remettre si je déconne.

#172
Retour définitif de l'être bloggé. Reprise des activités² x plein de boulot. Il y a TINA, le numéro 2 à préparer, des posts de veille à faire, aussi. Il faudrait finir le texte pour L'une & l'autre, Narcisse et ses aiguilles, mon histoire d'escarpins. J'en suis à la moitié. J'ai écrit en vacances, mais pas assez. Pas pris du retard, mais je dois remettre la pression immédiatement sinon ça peut devenir problématique.
Il me reste à écrire le texte pour les Cahiers de l'Institut. Je vais faire parler le nénuphar qui a mangé les poumons de Chloé. Ce serait bien que ça ait un rapport à Vian, à la 'pataphysique, que je trouve des détournements mais que ça reste poétique. Je vais me mettre en apnée quelques jours et ça devrait être faisable. Enfin, j'espère. Je dois le rendre en septembre, mais je ne sais pas exactement quand, si ça se trouve c'est pour dans trois jours simley de panique soudaine.
J'ai travaillé le son, à la campagne. Ebauché la chanson de Mérdith, une des mortes de Dans ma maison sous terre. Je vais la faire écouter à Aurélie, j'attends de savoir si elle valide ce fond de tarte pour la tourte ou si ma mixture est pourrave. Auquel cas je me serais quand même bien amusée sur le piano.
Je vois Hauke tout à l'heure, le metteur en scène d'Eden matin midi et soir. La phase de travail autour du texte commence. Nous entrons en labo le 15 septembre, en fonction de ce qu'il se passera sur le plateau, le texte va évoluer. Il paraîtra aux éditions Joca Seria en mars, en même temps que la pièce sera jouée. Je suis super contente de faire un objet avec Bernard et Brigitte Martin, en parallèle des éditions c'est eux qui font Ecrivains en bord de mer, mon festival littéraire favori. Je n'ai plus peur qu'Anne dise le texte, l'incarne. Je suis même heureuse qu'elle le fasse, maintenant. Elle sera un Adèle magnifique.
Je viens d'être contactée pour écrire une forme d'essai chez Travaux Pratiques, la nouvelle collection du PUF. Ce serait quelque chose sur l'autofiction. Jusqu'ici je n'ai écrit que des formes fictionnalisées. Je redoute toujours l'exercice, mais je pense qu'il est temps que je m'y colle. Je fais un parallèle avec l'université, j'ai arrêté sans finir ma maîtrise, et ma maîtrise sur Vian s'est transformée quelques années plus tard en Les juins ont tous la même peau. Si j'avais continué la fac, si j'avais eu les capacités mentales et intellectuelles d'aller jusqu'à la thèse, je l'aurais faite sur l'autofiction. Là, j'ai la possibilité de faire une sorte de thèse sur l'autofiction, parfaitement à ma sauce, alors il faut y aller, ce serait quand même idiot de passer à côté d'une potentielle restauration. Parce que ce que ça peut m'inférioriser dans le ciboulot, le fait de n'avoir qu'une licence, des fois, c'est dingue. Alors je me dis qu'avoir un texte au PUF, ça équivaut peut-être à une thèse. Spéciale. Pour les filles incapables de finir l'année scolaire sans passer par l'HP. Et puis, enfin surtout, il est temps que je défende frontalement l'autofiction, après tout je suis praticienne donc quand même pas si mal placée que ça pour en parler. Un texte qui exposerait les enjeux politiques du genre, qui pourrait mettre en exergue en quoi c'est un geste politique. Politique de l'autofiction, donc. C'est Laurent de Sutter qui a trouvé le titre, il me plaît bien. Je ne sais pas si on va le garder, mais ça fait drôlement sérieux. Epouvantablement, même. En même temps je vais apprendre pleins de trucs pour le faire, ce bouquin. Va falloir cogiter sévère. J'ai assez peur, mais à trente-cinq ans faut aussi se forcer un peu, sinon on ne prend jamais de risque en faisant exprès.
Suis en train de lire le magnifique journal de prison de Grisédis Réal, Suis-je encore vivante?, chez Verticales. Préfacé par Yves Pagès, il sortira en octobre :
« Ces lignes seront-elles lues un jour ? Je ne sais.
Je suis en prison. Déjà six semaines. Le plus atroce fut le premier jour et la première nuit. Là j'ai atteint le point culminant du désespoir. Puis ce fut facile. Nous étions trois. Le temps flottait, entrecoupé de jeux, de rires, d'anecdotes.
Maintenant je suis seule de nouveau. Le désespoir s'est redurci, il forme bloc avec la cellule, j'étouffe à l'intérieur comme un poisson pris dans la glace. La cellule n'est pas grande, mais elle est très haute. Elle est pourvue d'un affreux éclairage au néon, trop pâle. On l'allume tôt dans la soirée, par un commutateur placé dans le corridor. Le corridor jalonné de cellules est immense. A tout moment retentissent des pas et des bruits de clés. On contrôle les fermetures, mais nous, les prisonnières, nous ne voyons personne. On nous épie souvent par un trou minuscule placé dans un carré de fer qu'on peut soulever sans bruit de l'extérieur. Ainsi ne se sent-on jamais tranquille, mais à la merci d'une observation continuelle. »

#171
Rendez-vous avec Emmanuelle Vial hier. C'est la directrice de Points Seuil. Elle a une politique éditoriale vraiment suprenante, au regard des pratiques habituelles. Ce n'est pas les ventes effectuées qui la motivent pour publier un ouvrage, elle ne fonctionne pas comme ça. Elle veut de la cohérence, suivre un auteur le plus possible. J'ai été transparente sur mes chiffres, qui, comme chacun sait, ne sont pas élevés, juste le minimum syndical pour le type de littérature que je pratique. Ca ne l'a pas du tout refroidie. Elle agit comme une vraie éditrice, pas comme une gestionnaire de catalogue.
Elle est très agréable, Emmanuelle Vial. Elle parle de son travail de façon intense, passionnée. Elle pense ne pas donner une seconde vie aux livres, mais la possiilité de la vie éternelle. Je trouve ça très joli, touchant, même si à mon avis mes livres à moi, poches y compris, finiront inéluctablement au pilon. Ou sur un site internet, dans un format qui m'aura permis d'inclure du son, des images et des hypertextes partout, sur tous. Quand je serai vieille ou en panne d'insipiration, je m'amuserai à ça.
J'ai envie d'un livre pensé en numérique, mais où il se passe des trucs que le papier interdit. Je ne vais pas pouvoir m'y mettre cette année. Dès que j'ai fini les trucs à rendre pour l'automne je dois écrire Le Club Lilith pour Verticales. Le Club Lilith, je ne sais pas encore quelle forme ça prendra. Mais ça parlera d'un groupe féministe qui se forme de nos jours.
Les juins ont tous la même peau va être à nouveau disponible en librairies grâce à Emmanuelle Vial. Je suis très contente, parce que La Chasse au Snark, son éditeur, a fermé, comme beaucoup de maisons avec lesquelles j'ai travaillé. Je reçois régulièrement des mails me demandant comment procéder pour l'obtenir, je réponds toujours désolée mais yaplou. Là, je peux dire quelque chose d'un peu plus concret : c'est dans quelques mois en Points Seuil.
Je pars pour dix jours dans les Landes. Il n'y a pas de connexion et le portable ne passe pas. J'emmène juste mon pc pour bosser sur les textes à rendre, et quelques voix à monter pour Aurélie. Ca va me faire du bien, être vraiment loin de tout.

#170
C'est du sang, plein de sang, sur les murs. Sur mes mains aussi. Au réveil. Depuis deux jours c'est comme ça et c'est très fatigant. Pas effrayant, mais fatigant. Il faut plusieurs minutes pour se convaincre que c'est dans ma tête, pas dans le réel, dans ma tête. Malgré l'odeur, la sensation sur les doigts. Ereintant.
Rêve, cette nuit. Je veux virer Anne, la comédienne de la pièce. Je le lui dis, puis lui fracasse le crâne contre un angle quelconque. Ca dure longtemps, mais elle n'a rien. Elle me dit qu'elle doit téléphoner à sa mère, elle se retourne et m'étrangle avec le fil du téléphone. On se débat longtemps, une grande violence. Elle finit par me tuer. Mon propre sang, sur mes mains. Quelque chose comme les dix premières minutes après le réveil. Des traces brunes sur ma Lucky.
Je ne supporte pas l'idée que quelqu'un d'autre que moi dise Eden matin midi et soir. Je dois me l'avouer. J'ai écrit cette pièce pour Anne, pour qu'Anne la joue. Mais au moment où les mots vont être dans sa bouche, je panique. C'est comme si elle allait me les enlever.
Il est temps que je reparte en vacances. Jour J-2.

#169
J'ai été malade tout le week-end. Je déteste rester au lit. Aujourd'hui je n'ai pas le temps d'ajouter ma lecture de La dernière fille avant la guerre, de la faire, de l'enregistrer. Aurélie est rentrée de vacances, nous allons travailler sur la musique de Dans ma maison sous terre. Elle a préparé des morceaux, il y en a un par chapitre non autofictif, soit un par personnage croisé. Elle a fini celui d'Anatole. Anatole, c'est mon vieux, fallait bien que j'en ai un qui meurt juste de vieillesse, sinon c'était exagéré.
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