#243

La bibliothèque idéale. Télérama m'a déjà fait le coup. J'ai gambergé des heures avec l'aide d'Igor, au final j'en avais un de trop, alors j'ai sacrifié Racine. Je me suis dit Racine c'est les œuvres complètes, pas juste une pièce, alors je saute. Cette fois-ci, c'est un peu différent. C'est pour Le Magazine Littéraire et le concept c'est dix poches, avec quinze lignes pour en mettre un en avant. Là, je devrais travailler pour le catalogue de Tixador, je suis rentrée de mon interview, d'ailleurs c'était pas pour des Suisses mais pour RFI, j'ai confondu, en plus j'ai déjà posté aujourd'hui, c'est un peu n'importe quoi. Mais ça m'obsède. Parce que le fait que ce soit des poches, ça modifie la donne. Mine de rien.

Par exemple, Rose poussière, il n'existe pas en poche. Connaissant l'auteur je suis sûre que c'est un choix personnel, une question de format. Jean-Jacques Schuhl est le premier a m'avoir donné un vrai argument contre les textes en format numérique : la ligne compte moins de mots que sur un livre papier, ça modifie le rythme de la lecture, et inexorablement la musique. Donc j'en déduis que pour les poches, il a le même problème. Il n'aime pas ça, la page réduite. D'autant que dans celui-là il y a des installations textuelles. N'empêche que de fait, je ne peux pas citer Rose poussière. Je vais mettre Ingrid Caven, c'est pas si grave.

Pour Télérama, c'était mes classiques fondateurs, mon idée. Pour Le Magazine littéraire je vais plutôt choisir des textes contemporains que j'aime faire circuler, histoire que ce soit une bibliothèque idéale constituée par moi mais pour des lecteurs. Genre les incontournables en poche. Est-ce que ça change le rapport au texte, qu'ils soient en poche ou pas. Je ne sais pas. Je me demande. Je ne crois pas. Une question de prix, de format trimballable. Igor est très attaché au livre qui tient dans la poche, moi pas. Sûrement parce que j'ai un sac à main.

Le livre à mettre en avant sur quinze lignes, ça ne sera pas Ingrid Caven. Pas parce que je l'aime moins que Rose poussière, ils ne sont pas comparables, pas hiérarchisation possible. Juste parce qu'il a eu le Prix Goncourt, et qu'il doit être déjà très connu par le public du Magazine Littéraire. Peut-être que c'est idiot de raisonner comme ça. Peut-être que les jeunes gens qui lisent Le Magazine Littéraire ont loupé ce livre, le Goncourt tombé y a neuf ans. C'est possible. Ça me contrarie beaucoup, l'idée que des jeunes gens aient pu passé à côté d'Ingrid Caven, que je puisse y faire quelque chose, et que je ne le fasse pas. Je prends mon rôle de passeuse très au sérieux, beaucoup plus que mon travail d'écrivain. Sinon je n'organiserais pas les soirées chez Mycroft, je ne prendrais pas mes rendez-vous chez moi pour que les gens repartent systématiquement avec une ou deux pièces de ma bibliothèque. Bon. A fortiori, Ingrid Caven a quand même beaucoup circulé, je le mettrai dans ma liste, sans faire quinze lignes dessus.

Si je passe outre l'oeuvre de Schuhl, ça se trouve vite, le poche à mettre en exergue. Vivre de Pierre Guyotat. Celui là, je ne trouve même pas de lien qui en parle, juste des sites où l'acheter. Pourtant, c'est un recueil sublime. J'en ai lu des extraits chez Mycroft, tout le monde était scotché, et presque personne connaissait. Donc ça c'est fait.

Là j'en ai deux. Voix de Linda Lê, et de trois. La compagnie des spectres de Lydie Salvayre, aussi. Quatre. Un blanc. Réfléchir et rester de bonne foi. J'ai dit cette fois pas de classiques. Regarder sur les rayonnages. J'ai quand même beaucoup de grands formats. Vu du ciel de Christine Angot. Cinq. Là je ne triche pas, ce sont vraiment les livres que je donne le plus. Il faut lire Vu du ciel avant de se permettre de cracher sur Angot. Parce qu'après on ne peut plus, cousue la bouche, définitivement cousue. Anchise de Maryline Desbiolles, j'ai hésité avec La Seiche, mais je crois que je préfère Anchise, c'est dire s'il faut le lire, celui-là. Six. Ensuite. Qu'est-ce que j'oublie. Qui je fais lire quand on vient chez moi en me disant je ne connais pas la littérature contemporaine. Qu'est-ce qui tient déjà lieu de classique, pour moi.

Jauffret, évidemment. Disons Microfictions, à cause du dispositif. Sept. Il en reste trois. Est-ce que je glisse un très mort ou un corps encore tiède, pour que ça passe discrètement. Non. En fait, non. Les poches ça doit aussi être l'occasion de découvrir des textes contemporains, point à la ligne. Tant pis si ça fait genre, je m'en fous complètement. Il en reste donc trois. C'est le moment où je me dis un Vian, un Queneau, un Pérec et l'affaire est classée. Mais non, tenir bon. Les grands vivants, pour moi, c'est qui. En France, parce que sinon c'est trop facile, trois Jelinek et c'est gagné. En même temps, on ne m'interdit en rien Jelinek, cette contrainte qui se durcie je me l'impose toute seule, c'est complètement débile.

Marcel Moreau n'est pas en poche, je viens de faire une recherche et je suis atterrée. Voire franchement en colère.

Cadiot, tiens, je vais prendre un Cadiot. ils ne sont pas tous en poche, tant pis, je prends Retour définitif et durable de l'être aimé. J'aurais préféré L'art poétic, mais bon, l'important c'est qu'il y ait Cadiot, parce que, justement, Cadiot c'est important. Huit.

Là il ne faut pas faire de conneries. Est-ce que je zappe vraiment Duras sous prétexte qu'elle est enterrée, c'est quand même abuser. Hiroshima mon amour, puisque Tout vu. Rien inventé. Je me sens quand même mieux.

Il en reste un. Je garde la place au chaud, j'ai jusqu'au 30 avril. Je vais bien réfléchir. Réfléchissez aussi, chez vous, un petit exercice. Ca parait très facile, mais ça ne l'est pas tant que ça. Dix poches, contemporains, en France. J'entends d'ici les noms, alors je vous rassure : oui, j'ai bien fait exprès de ne pas citer Michel Houellebecq.

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#242

Avant tout, présenter des excuses : je ne réponds pas aux mails, ce n'est pas très poli. Mais dans les dix jours à venir, je ne pourrais jamais m'en sortir si je communique en parallèle du travail à effectuer. Les après-midi sont entrecoupées quasi quotidiennement par les remugles de la promo. Radios suisses, allemandes, parfois françaises, aussi. Ca brise mon rythme, je dois faire vite, rester le plus possible concentrée. Les entretiens sont agréables, mais ça tombe mal, je dois l'avouer. Je pars vendredi matin pour le Festival littéraire de Deauville, plus qu'une semaine pour rendre deux longs textes liés à l'art contemporain, pour un catalogue et une revue.

Je n'ai pas peur, je vais m'en sortir. Le souci c'est la gestion du quotidien qui grignote sur le temps d'écriture. Cavaler après l'argent, renvoyer des papiers, rappeler les organismes qui ont passés commande, reçus le texte, parfois même publiés depuis les calendes le texte, mais qui ne se manifestent pas pour payer. C'est épouvantablement chiant. Dans ces cas là je rêve d'être une écrivaine qui vend à mort, histoire d'avoir les moyens d'engager un assistant qui remplirait les contrats à ma place, téléphonerait en gueulant, bref s'occuperait de tout le Kafkaland. Là je n'ai pu faire qu'un paragraphe pour le catalogue de Laurent Tixador et Abraham Poincheval, rédaction de présentation de mes interventions à venir, mails et coups de téléphone pour récupérer mes sous. Je dois partir à cinq heures pour une interview, il est trois heures et quart, je crois que j'en ai ras le bol. D'autant que j'ai pas encore fini de préparer les envois postaux.

Quand j'étais jeune et naïve, pas encore professionnalisée, au sens où je ne vivais pas que de l'écriture, je pensais que la vie d'écrivain consistait, comme son nom l'indique, à écrire. Pas à remplir des tableaux xls, ni à chouiner sur les comptables un quart de son temps. Enfin bref.

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#241

Ai achevé mon texte pour le musée du Louvre. Il s'agit de travailler à partir d'une œuvre d'art hébergée dans une des galeries. J'ai choisi une parure, je voulais faire parler un bijou. J'ai trouvé intéressant de prendre la parure la plus modeste offerte à Marie-Louise par Napoléon Ier lors de leur mariage. Pas un bijou clinquant, objectivement sublime, porté sur ses portraits. Une parure qui jamais n'a su plaire, qui encore aujourd'hui ne fait pas rêver les filles, c'est ça que je voulais. Orgueil bafoué et frustration, le syndrome d'abandon, aussi. Le texte sera lu en nocturne le 13 mai, lors d'une visite spéciale où nous serons cinq écrivains à lire devant l'œuvre choisie.

Extrait du début, le titre c'est Derrière le verre.

"Nous sommes dans la vitrine, ensemble, toujours ensemble, en six pièces réunis. Deux bracelets, boucles d'oreilles, un collier et un peigne. Dix micro-mosaïques, ruines romaines, pâte de verre, montées sur feuilles de vignes, grappes de raisin en or, nous sommes ciselés, ciselés, oui, si délicatement. Monture naturaliste et motifs romantiques, nous sommes pour notre époque de vaillants précurseurs. Nous précédons une mode plus que nous ne l'annonçons, singuliers en nos pampres et en nos impulsions. Nous sommes une nostalgie qui s'attache et se coiffe, nous rappelons un hier que le vent du Sud érode, nous affichons le goût qu'avait le Ier Empire pour les vestiges lierreux, glorieuse Antiquité. Cerclées ou encadrées d'un bleu quasi royal, nous hébergeons des pierres précieuses à leur façon. Le Forum, Tivoli, la Tombe de Cecilia Metella. Des estampes existantes ont servies de modèles, Domenico Pronti a su nous inspirer. Nous sommes comme des souvenirs tenus en miniatures. Nous sommes faits pour orner un épiderme opale recouvert de mousselines, ruban d'orfèvre sous la poitrine, silhouette 1810. Pourtant le visiteur sur nous jamais ne s'attarde, comme jadis les regards, nous nous sommes habitués. Du Trésor de la Couronne, nous sommes les plus modestes, c'est parce qu'aucun désir n'a su être provoqué que nous sommes aujourd'hui ensemble, toujours ensemble, en six pièces réunis.

Il est rare qu'une parure parvenue jusqu'à vous ne soit pas équarrie. Une pièce a si vite fait de s'égarer par mégarde, pillages et héritages, de l'assemblage premier facettes énuclées, remplacement par des faux. Nous sommes restés intacts, préservés de tout larcin, de toute contrefaçon. Nous ne saurions nous en réjouir. Lucides, nous connaissons le pourquoi de l'histoire, dans notre cas jamais elle ne prit de majuscule. Nos spécificités font que la convoitise nous restera inconnue. Nous nous imaginons lorsque l'ennui nous guette que mille et un éclats irradient notre structure, que notre or se souligne, et que le verre soudain se change en lourds saphirs rehaussés de brillants. Nous ressentons alors fierté et plénitude, à l'instar de nos frères et de tous nos voisins. Puis la réalité fond sur nous en couvercle, empoissant de vapeur notre mélancolie. Nous sommes sujet au spleen, nous vous l'avons bien dit : nous sommes des précurseurs. Nous souffrons en silence depuis 1810. "

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#240

La pause vacancière est achevée. Je n'ai rien fait durant une semaine, si ce n'est cinq pages de dialogues pour une de mes fictions radiophoniques et les boutiques. Faire les boutiques, c'est ce qui me détend le plus. Je n'achète pas forcément quelque chose, mais je me renseigne sur les modèles, les matières, les marques, ça désespère Igor. Je ne sais pas si les hommes hétérosexuels sont capables de saisir le rapport que les femmes entretiennent aux chiffons, aux sacs et aux chaussures. Enfin, certaines femmes. Je suis plus grave que mes copines, je m'en rends compte à chaque fois : là j'étais avec ma meilleure amie dans le Sud, elle a demandée grâce pour qu'on aille à la plage. Moi je déteste aller à la plage. Je m'y ennuie très rapidement. Alors elle a trouvé le truc : d'abord la plage et les promenades en milieu naturel, puis les boutiques. On a beau avoir traversé des criques magnifiques, ce que j'ai préféré dans le séjour c'est les boutiques de Hyères.

Cet après midi je vais à une convention Buffy. Ça sera la première fois que je fais une lecture interactive avec des gens qui connaissent bien la série, et de fait pourront saisir l'intégralité des blagues commises dans La nuit je suis Buffy Summers. Je pense que je vais m'amuser. Il faut que j'en profite, ça ne va pas être trop le cas dans les quinze jours à venir.

Je dois boucler trois textes de 10 000 signes avant la fin du mois, et avancer sur mes deux fictions pour France Culture. Je ne peux même pas me mettre en apnée, j'ai des rendez-vous de travail tous les jours, et le week-end prochain je vais au Festival de Deauville. C'est pour ça que j'avais besoin de repos, histoire d'enchainer tout sans savonner.

Je suis en grande forme, stabilisée, j'ai retrouvé l'envie de bosser, peut-être même de voir du monde. Le bal des débutantes chez Mycroft s'est super bien passé la semaine dernière, les choupinettes s'en sont très bien tirées et il y avait un monde fou à la galerie. Mais ça m'a terriblement stressé, j'avais peur pour elles je crois bien. Au point que sur le coup, avant de les présenter, j'ai oublié leurs noms. J'ai dû aller les voir une à une et tout noter. La honte. Mais c'était un chouette moment, des écritures et des voix très distinctes, de bons retours, j'étais contentes. J'aimerais qu'elles trouvent toutes un éditeur.

Bon, sur ce, je vais me préparer, et emmener mon pieu à la lecture.

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#239

Une pause. Une semaine de vacances, peut-être des vraies, où je ne ferai rien. Enfin rien, disons que mon ordi me suit mais que je n'aurai pas de connexion. Les vacances, pour moi, c'est surtout faire une coupure sociale, en fait, smiley de je me grouille ou je vais rater le train.

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#238

Ca doit faire une semaine que je ne suis pas venue ici. Manque de temps. Mais ça doit vous fatiguer que je le répète à l'infini. En même temps vous n'êtes pas obligés de me lire, cette partie du site n'est rien d'autre qu'une extension de mon bureau, une fenêtre sur mes chantiers, certainement pas un vrai journal et encore moins un espace fait pour vous divertir.

J'ai reçu un mail étrange, hier. D'une élève du lycée de Reims où je me suis rendue dernièrement. "J'avais l'impression que vous n'étiez pas très contente de cette rencontre car vous n'avez pas réellement montré vos émotions". 250 corps dans un amphi, face à moi, encore heureux que je l'ai contrôlée, mon émotion. Sinon je crois que je serai tombée dans les goldens. Ca peut paraître paradoxal, vu que ça semble l'avoir déçue, mais ça m'a soulagée, savoir que maintenant, depuis quelques années, je suis capable de maîtriser ce qui sort, ce qui apparaît. Plus de tremblements, plus de panique visible, plus de pleurs dans les toilettes, plus d'envie de mourir dès qu'on me touche le bras. Je ne suis pas devenue tactile pour autant, ça me dégoûte toujours épouvantablement, les gens tactiles, les effusions. Mais je gère mieux, voire carrément bien. Son mail m'a rassuré, en fait.

Je rencontre des lectrices, en ce moment. Beaucoup étaient là lors des cinq représentations d'Eden matin midi et soir. Elles sont chouettes, mes lectrices. Les jeunes sont très lookées, avec une connaissance de la littérature impressionnante pour leur âge, et une grande sensibilité. Quand j'ai du temps, je prends un verre avec certaines à la maison. J'ai besoin de nouvelles rencontres en ce moment. Sinon je vais finir rabougrie, fermée sur le même cercle, j'ai pas envie de ça.

Les chantiers avancent. L'oratorio, surtout. C'était nécessaire que j'ai les premières scènes finies, de façon à proposer le projet à des chanteuses précises. Là, je vais devoir faire une courte pause. Je dois écrire deux fictions radiophoniques pour France Culture, un diptyque autour de mon personnage récurrent, Clotilde Mélisse. Le titre générique est In texto veritas, les pièces s'appellent Au commencement était l'adverbe et Le retour de Charlie Orphan. J'ai un mois et demi pour les faire, autant dire que je dois speeder. Le thème portera sur la création littéraire.

J'ai trouvé, grâce à l'astucieuse Sophie Couronne, le mot pour mon essai, celui qui remplacerait autofiction pour situer au mieux ma démarche. Je crois bien que c'est autoréalisme. Parce qu'en fait, c'est ça que je fais. Mais bon, j'attends d'avancer sur l'essai pour développer sérieusement le concept.

Sinon, et ça n'a rien à voir, un mot pour mes petites sorcières : le choc en retour existe toujours, il suffit d'être patiente. L'ennemi croit vous atomiser, et puis le temps fait son devoir. Les faiseurs se heurent à la soudaine lucidité de ceux qui s'étaient fait avoir; la malédiction fauche, et parfois dans la chair, tous ceux qui contre vous avaient abusés de leur pouvoir. Faites confiance au choc en retour, c'est lui votre meilleur allié. Après, c'est certain, c'est difficile de na pas s'énerver entre temps, puisque ça peut prendre des années. Cette semaine j'ai eu deux preuves concrètes de régulation : je pense qu'à l'avenir je crierai moins quand on me blesse, je me contenterai d'attendre que la sorcellerie fasse son boulot. Mais bon, l'ennemi, en même temps, permet aussi de faire d'intéressants personnages de fiction. Mais IRL, je m'y engage, je ne perdrai plus d'énergie. On n'est pas là pour s'égarer en vaines batailles, l'important c'est de gagner la guerre.

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#237

Hier, c'était la première d'Eden matin midi et soir. J'ai été tendue toute la journée. Pas parce que je ne faisais pas confiance à ma comédienne, je l'ai choisie et elle assure vraiment. C'est juste que le théâtre implique une réception directe, vivante, violente, même. Juste avant qu'on rentre dans la salle, quand j'ai compris que 94 réservations ça faisait autant de corps, j'ai littéralement paniqué.

Quand on écrit, on ne subit jamais les réactions immédiates des lecteurs. Bien sûr il y a les lectures publiques, les perfs, où là on sent si ça passe ou pas. Mais là c'est tout un spectacle, c'est différent. La moindre faiblesse du texte, la retombée de la tension, on la vit dans la salle, c'est tangible, ça peut être violent.

Juste avant que ça commence, assise en haut des gradins de la grande salle de la Ménagerie de verre, mon corps ressemblait à du bois, j'étais tétanisée. Qu'est-ce qui m'a pris d'écrire ce texte, d'avoir eu l'idée de le montrer, le suicide au fond, la condition interne de ceux qui se suicident, qui ça peut bien intéresser.

J'avais peur que les gens partent, s'ennuient, ne trouve aucun intérêt à mon histoire d'Adèle thanatopathe, se demandent ce qu'ils foutaient là, à louper la Nouvelle Star pour se fader ma prose. Et puis ça a été magique, la mise en scène de l'espace mental recouvert de paillettes, Anne sublime dans le rôle, la salle tellement réceptive, la sensation que tout le monde a parfaitement compris de quoi je voulais parler.

La pièce se joue encore jusqu'à samedi 28 mars, il semblerait que pour s'y rendre il vaut mieux réserver.

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#236

Peut-être plus d'une semaine que je ne suis pas venue ici. C'était une période IRL, il y en a beaucoup en ce moment. D'abord il y a eu le Salon du livre, cette année c'était agréable, drôle même, parfois touchant. Enfin pas le Salon en lui-même évidemment, ce que j'y ai vécu. Cette année j'ai vraiment rencontré des lecteurs. Et de jeunes lectrices qui m'ont marquées, de très jolis moments. Je n'étais pas terrifiée pour faire les signatures, j'avais envie de les rencontrer. D'en savoir plus sur ceux qui me suivent. Parce que j'ai constaté que c'est le cas, souvent, très souvent, plusieurs livres voire une pile à faire dédicacer. Des échanges, quelques phrases, parfois une courte discussion. C'était doux, sincère, en rien névrotique.

Il y a eu le lycée Franklin Roosevelt de Reims, aussi. Un souvenir très spécial, qui ne s'oubliera pas. Patrick et ses collègues, un bastion de résistance, une volonté de faire vivre le mot littérature. Leur élèves étudient en parallèle du programme des ouvrages contemporains. Cette année, j'en faisais partie. Dans ma maison sous terre, Les juins ou tous la même peau, J'habite dans la télévision. Les professeurs les aident, mais ils comprennent, bien sûr qu'ils comprennent, ils ne sont pas idiots. En plus, ça leur fait découvrir Boris Vian, Les juins ont tous la même peau. Etre un lien, ça fait partie de mon boulot.

Les 250 adolescents, l'amphi, le petit film de présentation. Leur montage récité, joué, dans la salle. Le courage qu'il leur faut. Les cadeaux, les roses; l'intelligence des questions. Une trouée de réel dans la fiction collective.

De retour au labo, mettre à jour les dossiers. Ai fini Peter Pan pour le dictionnaire des personnages, fait un article sur Jade Goody pour le Mag du démocrate tenu par Arlix et Massera. Ecrit la moitié d'une chanson pour The Penelopes, aussi. Avancée lente sur l'oratorio, détermination des scènes dans les trois actes.

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#235

J'ai eu 36 ans aujourd'hui. Pour cadeaux, je n'ai pas eu de robe couleur du temps, mais beaucoup plus précieux. Le livre, d'abord, arrivé un peu en avance, reçu par la poste dimanche soir. Il sera disponible au Salon du Livre sur le stand de Joca Seria. L'album, ensuite, écouté en boucle depuis hier. Les pantoufles de vaire, version pvc pour finir.

C'était une journée assez chargée. J'ai rencontré Bernard Stiegler dans l'après-midi, pour mon essai. Son concept d'individuation recoupe une de mes intuitions au sujet de l'autofiction. Nous avons discuté, il va m'être très utile, nous nous revoyons en mai. Je pense que ce n'est pas pour rien que l'autofiction a été nommée en 1977, et que le terme perdure depuis. C'est encore une intuition, mais je vais creuser de ce côté là. Et finir par trouver au final un autre mot pour définir ma pratique, un mot qui me correspondrait plus, un mot que je vais inventer. Je ne vais pas pouvoir retravailler à l'essai avant quinze jours, il y a le Salon, puis les représentations d'Eden matin midi et soir où je dois être présente, des textes à rendre, des rendez-vous, aussi. Mais je commence à baliser le terrain, le manuscrit doit être rendu en octobre, je vais y aller lentement mais sûrement.

Enregistrement ce soir d'une émission un peu particulière de La grande librairie. Pour le Salon du Livre, un numéro spécial, beaucoup d'écrivains invités, un exercice imposé. Le thème était la bibliothèque idéale. Nous devions tous parler d'un classique qui nous semblait important d'avoir en rayon, et citer un livre, toujours classique, que nous ne pouvions pas supporter. On n'avait droit qu'aux auteurs morts, alors je suis allée chercher Boris Vian, L'écume des jours. On pouvait s'y attendre. Pour le livre détesté, j'ai pensé tout d'abord au Journal d'un séducteur de Sören Kierkegaard, parce que c'est le livre que j'ai le plus jeté contre le mur durant la lecture de toute ma vie. Il m'a toujours fait profondément gerber, ce texte. Même si gnagnagna l'auteur lui-même gnagnagna autodérision lucidité sur soi, on ne me la fait pas, ce n'est pas une excuse.

Finalement, j'ai choisi le roman qui m'a fait le plus mourir d'ennui, à savoir Julie ou la Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau. Ce que je peux trouver ce livre chiant, c'est dingue. Narrativement c'est d'une mièvrerie à se pendre, stylistiquement c'est atrocement convenu pour l'époque, et je dois avouer que je n'aime pas du tout le XVIIIe siècle, à part Sade et Laclos. Ce que j'ai pu souffrir à la fac quand on se tapait les Lumières, un cauchemar.

Demain je vais au Louvre pour choisir une œuvre à partir de laquelle je dois écrire un texte. Lors d'une visite publique nocturne dans deux mois, je le lirai devant l'œuvre en question. Je n'ai aucune idée de ce que je vais choisir. Peut-être un bijou. Ce qui est bien avec cette commande, outre le fait que ce soit intéressant à faire, c'est que je vais avoir une carte pour rentrer au Louvre quand je veux. Je connais mal ce musée, ça fait des années que je n'y ai pas mis les pieds.

Je voulais mettre un extrait du joli texte de Marc Pautrel, Je suis une surprise, mais je n'arrive pas à mettre la main dessus ce soir. Il doit être dans le sac de voyage qui a servi pour Bron et que je n'ai pas encore vidé. Je mettrai un extrait en ligne demain, là je vais me coucher.

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#234

Chantier numéro 17, ouverture. Titre : Juste après Cassiopée. Genre : je ne sais pas bien pour l'instant. Ce qui est certain, c'est qu'il y aura texte et musique.

Copié / Collé du doc word :

"Quand je lui disais que je la tuerai, elle ne me prenait pas au sérieux. Plutôt que de tuer les gens, on les quitte, ça parait plus logique et c'est moins compliqué. C'est ce qu'elle me répondait toujours. Elle avait ce rire sec, pizzicato hautain. Moi, je fixais sa bouche et je voyais mes mains lui plonger dans la gorge, broyer ses cartilages, concasser son larynx, lacer ses cordes vocales en un nœud si serré qu'elle en resterait aphone, écharpée d'une douleur qui lui serait inédite. Pendant ce temps là, généralement, elle allumait une cigarette.

Avant elle, j'ignorais ce type de pulsion. Torturer ne me faisait pas jouir, je n'avais pas ce besoin avide d'appeler à la dévastation. Je n'avais aucune pensée morbide, j'étais innocente et solaire, enfin, je veux dire, au tout début. Je ne sais pas si ça compte, le tout début. Celui où elle n'était qu'une voix, où elle n'était pas incarnée, où elle flottait pour me hanter en étant responsable de rien. De vraiment rien, non, rien du tout.

Plus tard, beaucoup plus tard. Je savais lui faire mal juste en trouvant les mots. Rugueux, pointus, acides. Syntaxe tranchante, chant du couperet. Je la faisais pleurer pour moi. Pour moi toute seule. C'était devenu mon privilège. J'en avais d'autres, à ses côtés, mais celui-là je l'appréciais, le savourait même, oui, j'avoue. Un gage d'intimité, ses larmes. J'affectionnais les crises, les serments hystériques, les chantages au suicide auréolés pleine lune, les oreillers humides, les nuits de déchirements. Nous nous faisions souffrir, avec application. Comme si nous nous vengions de notre dépendance. L'amour est un toxique aux effets trop nombreux pour être répertoriés.

J'ai beaucoup écrit, durant cette période. Des livres de granit infiniment ciselés, où le moindre personnage engloutissait l'écume de notre quotidien. C'est comme ça que j'ai tenu. Je transvasais ma vie dans la littérature, les mots absorbaient tout, enfin, c'est ce que je croyais. Les mots n'absorbent pas, tout au plus ils consolent. Enfin, c'est ce que je crois. C'est pour ça que j'essaie. Une fois encore, j'essaie. Mais je n'en ai pas le droit. Plus le droit. Plus du tout. C'est ça, mon châtiment : une contrainte qui bâillonne à vif chaque exercice.

Moi, je suis le bourreau, supprimée, la parole. Hors de portée, prends garde à toi. Prends garde. Si tu dis, la sentence se démultipliera. Elle hurlera ses rhizomes jusqu'à ta camisole, pour unique solution : tais-toi.

Alors je ne peux pas dire. Je ne peux que parler, et encore jamais d'elle, et encore moins de ça. Italiques ou bien majuscule. J'hésite aussi je passe, ça mériterait du gras, une trouée dans la page si seulement si seulement une trouée dans la page jusqu'à disparition. Les mots n'absorbent pas, les mots ne guérissent pas et encore moins d'eux-mêmes.

J'ai raté mon suicide, glissé sur le point final, à présent mon histoire je dois l'écrire amputée de tous mes sentiments, évidée de mon vivant, curetée jusqu'à la langue. C'est ça, ma punition. Le vrai choc en retour pour le meurtre d'une sorcière par une autre sorcière, le meurtre parce que bien sûr : la préméditation. Je ne sais pas ce qui est le pire, l'hôpital, la prison, le regard sociétal, mais je sais ce qui empire ma zombification. Partout on guette une allusion. Eros comme Thanatos, Damoclès au registre, on ne m'a pas mise à mort, on me tue l'intérieur.

Tais-toi.
Tais-toi.

Je ne peux pas écrire sur l'amour et la haine, la mort et la violence ; la culpabilité tout comme la délivrance gisent dans un périmètre qui est délimité et dont je suis exclue. Je ne pas dire l'amour la haine la mort la violence la culpabilité la délivrance, je ne peux pas évoquer, je ne peux pas raconter, au procès j'ai perdu. De la cendre de l'étoile, une rétribution.

Mon silence. Il se fissure ce soir, ça devait arriver. Je ne sais pas ce qui peut se charrier sous le plomb. Je ne parle pas, je dis. J'affirme. Et même pas pour être entendue.

Quand je lui disais que je la tuerai, je la regardais dans les yeux. Aucune rétractation du côté des pupilles, mais ses iris s'assombrissaient. Leur vert devenait un étang, profond, boueux, deux bulles de vase. J'avais envie de les crever, de les percer d'un crochet d'ongle pour éviter de m'y noyer. Aujourd'hui je suffoque. Seule, toute seule. Je lape l'air avidement et mes poumons me brûlent.

Tais-toi.
J'ai dit.
Tais-toi.

Je peux dire, j'exagère, mais je ne peux dire qu'ici. Aucun écho public, plus de livres, que des manuscrits. Je ne pensais pas au lecteur, avant. Je parlais toute seule, je crois bien. A présent que je déborde, je ne peux communiquer. L'amour la haine la mort la violence la culpabilité la délivrance, il n'y aura pas de récepteur. Ainsi s'inscrit mon expiation. Condamnée à ce que la parole erre à jamais en fond de gorge, que la pensée reste prisonnière d'un corps, d'un seul corps. Un exil.

Quand je lui disais que la tuerai, je me regardais toute en creux. Et en mes profondeurs je lisais que ça finirait mal parce que ça finirait. De toute façon. Ca finirait. Un jour ou l'autre, n'importe quel jour ; en aucun cas l'éternité.

Quand j'ai pilé les somnifères, c'est surtout à ça que je pensais. Je me regardais faire, j'étais à l'extérieur. Le chapitre était écrit, juste l'accomplir, voilà de quoi je me contentais, je me suis contentée, à cet instant précis.

Tais-toi.
La ferme.
J'ai dit.

Je ne peux plus refouler, domptage. Abrasion. Pulsions vitales en danger. Peur intense. La réécrire, mais au carré. Le goût du renoncement dans la bouche qui se crispe sous l'aiguille du point mousse, l'amertume qui rudoie au fer rouge les papilles. Le renoncement, c'est ça, en fait, le renoncement. La capitulation finale, la sensation de la capitulation. Le Je qui s'effondre à genoux. A présent qu'elle est morte, on m'arrache les vertèbres. Handicap infligé en post-dissection. Elle est perverse, ma peine. Un supplice, une vengeance. A la mesure de la puissance de Cassiopée."


Est-ce que c'est le début ou un fragment qui s'imposera plus loin, pour l'instant je l'ignore. Je n'ai pas la structure, elle sera peut-être compliquée. Il y aura Mathillde, une sorte de coryphée et Cassiopée elle-même. Il y aura aussi les années 80, les chansons de Cassiopée, d'autres choses qui viendront, plus tard. Plus tard j'en saurai plus. Si ça se trouve le projet va évoluer dans une direction très différente de celle envisagée. C'est ça qui est excitant, d'ailleurs.

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#233

Faire un post pour dire combien il était bien, ce festival de Bron. Parler des auteurs rencontrés, des livres découverts. Seulment voilà, comme je l'ai dit là-bas lors de la table ronde sur les blogs, quand je manque de temps, le truc que je sacrifie en premier, c'est Remarques & Cie. Là, devant moi, j'ai quatre heures. J'ai un stock de livres dont parler pendant des jours. Je vais écrire un peu, enfin, je peux. J'ai besoin de travailler sur Juste après Cassiopée. Ce n'est pas le chantier le plus urgent, mais si je ne m'y consacre pas, je vais avoir la désagréable sensation de devoir produire exclusivement sur commande. Ca, ça peut me rendre très agressive, frustrée. Donc hop, j'y vais.

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#232

Hier, défilé des Dévastée. C'est sans aucun doute leur meilleure collection. Elle a pour nom Pushing up the daisies, l'équivalent en français de manger les pissenlits par la racine. En anglais ça se dit pousser les pâquerettes vers le haut, le mouvement des morts est inversé. J'ai fait le texte du programme et la musique, en insérant deux morceaux à mon mix. Je viens de mettre en ligne la version intégrale de mon truc à moi, c'est ici.

Demain, je pars à Lyon. Une table ronde avec Claro et Alain Mabanckou sur les blogs d'écrivains, puis le lendemain discussion avec Tanguy Viel sur le roman familial. Plus on m'interroge sur mon blog moins j'ai la sensation d'en tenir un. C'est plutôt un site que je tiens. Remarques & Cie, c'est accessoire dedans, une continuité de mon bureau, pas énormément de choses à en dire. Un espace personnel où je fais ce que je veux, sans ligne éditoriale. Est-ce que ça craint pour un blog de ne pas avoir de ligne éditoriale, d'être juste une fenêtre sur une partie d'un Je qui s'affirme déjà dans mes livres, je ne sais pas. Je me demande. En plus, en vrai, les blogs, j'en lis de moins en moins depuis ces dernières semaines. Quand je manque de temps, c'est ce que je supprime en premier, l'errance au lever sur internet. Je reçois des liens quotidiennement, mais j'avoue que depuis la découverte de Nina Yargekov l'an dernier, rien ne m'a scotchée. Peut-être qu'il n'y a qu'une Tueuse par génération, si ça se trouve.

J'ai trouvé ma première auteur pour la lecture des non publiés chez Mycroft. Elle s'appelle Anne Collongues. Il est possible que ma boîte mails contienne d'autres pistes, j'ai pas eu le temps de lire sérieusement ce que j'ai reçu, je verrai ça à mon retour. Le problème c'est que la semaine prochaine c'est le salon du livre à Paris, je vais encore perdre du temps. Quoique. Je rencontre toujours des lecteurs et récupère parfois des manuscrits intéressants, au salon du livre. J'avais arrêté d'y aller parce que je n'en pouvais plus de la foire, des stands des maisons indé qui disparaissent pendant que ceux des grands groupes grossissent. Et puis je m'étais pris la tête avec sa Majesté Melon et son fox à poil dur pendant un débat y a deux ans, ça m'avait dégoûté, je ne voulais plus de ça, les tables rondes qui réunissent dans le brouhaha des auteurs qui n'ont rien à voir, l'obligation de singer une discussion avec l'ennemi, hocher la tête en entendant débiter des platitudes promotionnelles de faiseurs formatés. Cette année ça va, j'ai maîtrisé le contexte, pas de mauvaises surprises en vue, Philippe Vasset et Annick Rivoire sont des personnes que j'estime. Sinon, c'est juste des signatures, ça va, au pire j'aurai pas un rat, je bouquinerai. La seule chose vraiment pénible, c'est qu'on ne peut plus fumer du tout, et ça, ça m'angoisse complètement.

Je pars avec le livre de Marc Pautrel, Je suis une surprise. J'en parlerai au prochain post.

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#231

J'ai encore du retard, beaucoup de retard, les journées et les nuits s'égrainent en lapin blanc. Suis rentrée de Toulouse, librairie, séminaire, tout s'est très bien passé. Ai rencontré des jeunes femmes qui travaillent dans une compagnie théâtrale, elles veulent effectuer un montage des Mouflettes d'Atropos, du Cri du Sablier et de La Vanité des Somnambules pour en faire un spectacle l'an prochain. Elles avaient l'air sérieuses et futées, j'ai dit oui. Depuis l'écriture d'Eden matin midi et soir, j'ai des envies de plateau, ça tombe bien. Eden se rapproche d'ailleurs, les représentations à la Ménagerie de Verre sont du 24 au 28 mars. Le texte sort chez Joca Seria sous peu, dans sa version longue, il y a eu des coupes pour la scène. J'ai hâte d'avoir l'objet entre les mains, la maquette est très prometteuse.

Pas le temps d'écrire, ces jours ci. J'ai dû refaire toute la bande son du défilé de demain pour Dévastée, mes sons perso étaient trop agressifs pour le contexte et il fallait intégrer deux chansons existantes. J'y ai passé énormément de temps. Je mettrai en ligne mon morceau un peu plus tard, là il est découpé pour le mix, je dois encore le retravailler, l'uniformiser. On verra.

J'ai beaucoup de choses à faire avant de partir au Salon du Livre de Bron vendredi, j'espère avoir le temps de travailler un peu sur l'essai ou Juste après Cassiopée, ça me manque de ne pas écrire. Vie sociale et professionnelle un peu trop intense depuis la semaine dernière, fatigue, besoin d'isolement.

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#230

Journée, semaine, à courir partout. Je répondrai à mes mails ce week-end, probablement dimanche, samedi je dois voir Hubert Lucot pour TINA. Jean-Charles Massera et Jean Perrier ont déjà effectué l'entretien, mais je dois vérifier des trucs pour eux, et ils ne sont pas disponibles.

Demain, vendredi, c'est mon fameux Mycroft 80's. Au début je voulais surtout que ce soit une boum, mais Igor m'a dit que c'était pas sérieux. Alors au 12-15 minutes de lecture demandées à Garance Clavel (La douleur de Duras) et Anne Steffens (Enfance de Sarraute) et à mes deux textes courts de Guyotat (pris dans Vivre), j'ai décidé d'ajouter un autre extrait de Vivre, plus long, Cassette 33 longue durée. J'ouvrirai la séance de lectures par le début et la fin de Növovision d'Yves Adrien. Comme ça il y aura près d'une heure de lecture, disséminée de 18 à 21h. Ou groupée en deux coups d'une demi heure, je vais voir avec Etienne ce qui est le plus judicieux. Axel des Pénélopes et Skinlike s'occuperont de la musique, ça va être top.

La date pour le Mycroft spécial auteurs encore non publiés est fixée au vendredi 10 avril. J'ai déjà quelques pistes, j'ai reçu des textes intéressants et dois répondre à des mails prometteurs, dimanche, donc, désolée mais soyez patients. Je suis toujours preneuse, l'équipe n'est pas au complet.

En mai il y aura une cession d'auteurs ayant publiés leur premier roman durant l'année. Emilie Notéris, Nina Yargekov, Clément Ribes et deux autres que je cherche. Nina et Clément ne liront pas la même chose que l'an dernier, quand leur texte n'était encore qu'un manuscrit.

J'ai la flemme de faire des liens dans ce post, ce n'est pas très poli, mais je dois absolument aller me coucher, je déjeune avec Bernard Comment demain, pour faire le point sur la sortie de Dans ma maison sous terre et les projets à venir. Faut pas m'en vouloir, je suis vraiment claquée smiley de vous n'avez qu'à utiliser Google si vous ne connaissez pas les livres et les auteurs cités.

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#229

D'ici deux trois mois, je souhaite refaire une lecture à Mycroft, avec de jeunes auteurs encore non publiés. L'an dernier deux d'entre eux (Nina Yargekov et Clément Ribes) ont trouvé un éditeur dans les mois qui ont suivis. Mycroft, ça porte chance. Aussi n'hésitez pas à m'envoyer vos manuscrits. Pour se faire, passez par la page contact, je vous répondrai et vous pourrez insérer votre texte en pièce jointe.

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