#23

La télé-réalité et les jeux affiliés : un sujet totalement dépassé ma chérie, t'as quatre ans de retard. Bah voyons.

Chopée par Giulia Foïs, chroniqueuse d'Arrêt sur Images, l'info de la semaine, et en période de nouvelle vague je pèse mes mots. "Un jeu télévisé diffusé sur une chaîne israélienne envoie à l'étranger le meilleur ambassadeur israélien pour faire du lobbying aux Etats-Unis", et qui répond au joli nom de "L'Ambassadeur", ça de soi.

Le cv des participants est assez éloigné des atrophiés du bulbes qui sévissent dans les divers îlots tentateurs : bac + l'éternité. Les questions, c'est pas franchement ambiance TF1, à part peut-être pour la couleur de la robe de Monica, mais ça c'est juste parce qu'ils n'ont pas eu l'idée sur le moment. Un de ces quatre, vous allez voir que le PS va être obligé de recruter comme ça pour mettre la main sur un candidat aux incisives succeptibles de réduire le plancher et Sarko en douces sciure.

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#22

Enthousiasmant blog de petites sorcières, dégotté ce jour.

Mis en parallèle avec conversation, une demoiselle qui travaille aux arts numériques à Pompidou : les trentenaires = génération sacrifiée, pas assez de recul pour parler et utiliser le multimédia, environnement hostile par incompréhension, va falloir attendre, or attendre c'est se faire une raison, on est pas nés la connexion intégrée, trop tard historiquement, on peut défricher, amorcer mais pas *faire*, encore moins imposer.

Je lis le blog des B.I.T.C.H. et c'est évident : si j'avais eu ce support là il y a dix ans, un tas de trucs seraient différents au niveau de mon boulot. Pas du personnel, mais dans les collaborations. Je ne me serais pas emmerdée à me fader les couïllidés dépressifs d'une revue, j'aurais trouvé une poignée de soeurettes et on aurait pratiqué le bito-extrateur en réseau. En plus ça aurait été super pratique, sans rdv IRL chiantissimes.

Mais bon, de toute façon c'est trop tard, et je me débrouille pas si mal toute seule. Peut-être parce que finalement j'aime beaucoup être toute seule, donc y corrélation.

Pendant ce temps-là, Hypercourt 3 se fait télécharger non-stop.
Petits liens et notes sur les intervenants par ordre d'apparition :

Sylia Aire : auteur fictif des Editions è®e, qui intervient dans un tas de projets de cette maison et accessoirement répond au téléphone.

Eric Arlix : Auteur de deux livres désormais cultes chez Al Dante, Mise à jour et Et hop!, ainsi que du bouquin le plus intéressant de ces dix dernières années, Le monde Jou, à paraître chez Verticales en mars.

Patrick Bouvet : auteur d'un tas de livres expérimentaux marquants, aux Editions de l'Olivier (pas de site) et chez Inventaire-Invention.

Arno Calleja : jeune auteur à suivre de très près, qui a majoritairement publié en revues, dans de petites maisons (Editions Précipités, Editions du Caillou) et sur le site d'Inventaire-Invention ( Cheval). Met également parfois lui-même ses textes en scène et les joue, comme à Montévidéo (Marseille)où ses interventions font date.

THTH : fake-crevard, fondateur du SDH, des Casseurs2hype et de nombre de parasitages via blogs et listes de diffusion. Très actif sur le net, il travaille actuellement sur son Baise-Sollers, qui sera publié par les Editions Caméras Animales (pas de site ?! Mathias qu'est-ce que tu fous!!!) en mars.

Arno Cathrine : Romancier aussi confirmé que talentueux, auteur d'une flopée de livres aux Editions Verticales, et de moult textes chez Inventaire-Invention et autres. Travaille comme parolier pour la jeune et fort talentieuse Daphné K.

Frédéric Forte : Jeune poète formaliste, travaillant en revues et avec une des formation de l'OULIPO.

Eric Pessan : Auteur de quatre ouvrages aux Editions de la Différence, dont l'étrange Les Géocroiseurs en septembre dernier. Publie aussi en revues et anime à l'occasion des débats littéraires.

Grégoire Louis : auteur d'un premier roman très prometteur, Dans la limite des corps disponibles, aux Editions Verticales en 2003. Travaille actuellement sur son second ouvrage, à paraître en septembre chez le même éditeur.

Troudair : blogger atteint d'un trouble de la personnalité fictive, auteur d'une multitude de projets et de blogs sur la toile, performeur à ses heures.

Hugues Jallon : Editeur à La Découverte, auteur d'un premier récit qui déchire tout, La Base, aux Editions du Passant Ordinaire.

Igor Tourgueniev: blogger irrationnel et molletonné, fondateur du collectif qui en fait un héros de la toile et du reste.

Jérôme Laperruque : Musicien et auteur, blogger connu pour son inégalable Perdu d'avance disponible en version papier aux Editions Rigolotes.

Avec un staff pareil, logique qu'il soit réussi ce numéro.

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#21

C'est toujours quand on est tellement coincé au fond de l'aquarium, les conduits empêtrés de vase, qu'on se fait repêcher par un truc qui finalement s'appelle soi-même.

La prochaine fois je plonge tout de suite, ça gagnera du temps.

Pas encore eu le temps de passer à la phase gribouillage, mais la conception est achevée, pour tout les travaux en cours.

Pendant ce temps là, les rumeurs accusant les illuminati d'avoir fait exploser une bombe sous marine vont bon train. Si ça se trouve je dois mon freez de cerveau aux agents de Patrick Le Lay.

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#20

Il ne se passe plus rien ici, mais un tas de trucs pires ailleurs. Phase terminale de la crève hivernale, par exemple. L'éructation permanente via auto-trangulation pulmonaire, ça occupe. Un peu déjà. C'est pas si mal, un peu. Un travail alimentaire, du foie gras dans les épinards, rester face à l'écran autant d'heures que ce peut. Essayer de passer la barre des 58,5. Incompréhensible, la difficulté à descendre, apnée sur la balance mais rien. Faudrait coincer le pc sur le guidon d'un vélo d'appartement, ça a du déjà se faire, aux grands maux les grands moyens. Faire travailler le corps, pas les mollets. Une demi heure de marche par jour, elle a dit la dame. Calcul du nombre de mètres effectués par heure : 11,5 grand maximum. C'est plus de la cellulite que je vais me colter si ça continue, c'est le grand Jabba en guise d'arrière-train.

Alors on se dit puisque pour le corps c'est foutu, hygiène existentielle incompatible avec l'interface pourrissante, faire travailler le cerveau, et vite. La liste scotchée au mur c'est plus un rappel pour mémoire déficiente, c'est même plus une menace, c'est une sorte de vortex. Fixer la liste et conclure que vraiment, mais alors vraiment y a un énorme bug. De la part des commanditaires. De la part de la glotte qui a craché mais oui pour le 23 janvier mais oui pour le 17 février mais bien sûr pour le 3 avril mais avec plaisir pour la mi-mai mais sans problème pour début juin. Avec ça un quarante feuillets, avec ça une bande son d'une heure, avec ça re-cinquante feuillets.

C'est pas de la panique. La panique, le cri de Pan, au moins un truc se passe. Et là dans ma caboche, il ne se passe rien. Ah si. Je communique. J'arrête pas de communiquer. J'émets à mon tour. Emettre c'est le début de la fin. L'ascension du parasitatage interne, tourné vers l'extérieur, la boucle polluée, les boomrangs ça achèvent leur course toujours en coup du lapin.

Si je me remettais à l'autofiction, ça serait super simple. Limpide. La facilité avec laquelle on s'écharpe les croûtes, admirer la petite sanie sous jacente, tout ça, comme c'est adorable cette souffrance, comme c'est touchant le paradigme mercurochrome, n'est-ce pas.

J'ai peut-être pas les épaules ou l'estomac pour ça, pour trouver. Et chercher comme un basset à poil dur, c'est pas ce qu'on fait de plus excitant de nos jours. Finalement.

J'avais dit que j'utiliserais cette rubrique pour dire des trucs. En fait j'ai plus que les mots, tous seuls, tous creux, je communique avec des gens, je cause plus au Petit Robert, quand je dis le mot truc ça correspond juste à quatre lettres, point.

Une phase, qu'ils disent. J'ai rien branlé de sérieux depuis deux mois. Une phase. J'aimerais bien les y voir, constat en live des parois de la phase, qu'ils comprennent que c'est pas juste des ecchymoses que ça fait dans le crâne, que c'est le puit d'Alice, que je ne suis objectivement pas certaine qu'elle ait un fond, une fin, la phase.

Trop d'équilibre nuit, qu'ils disent aussi. Ce qu'ils peuvent être bavards en y regardant bien. Agoniser ça fait bosser, travail-torture-mépris, arrondissez les angles et tout sera crevé. Si les ventricules sont en forme, prévoir une panne de cervelet. Possible. Quoique. En fait ce qu'il me manque, c'est un mauvais objet. Mauvais objet = excellent sujet. On fait comment pour les commandes, transposer, triturer jusqu'au détournement. Je suis devenue infiniment gentille c'est pas bon pour la race des obsessionnelles, les schtroumpfs sans le gnap gnap. Alors je vais ouvrir la fenêtre, en attendant la mouche Tsé Tsé. Avec un peu de chance elle visera pile la jugulaire.

Faut bien qu'il se passe quelque chose. Il se passe toujours quelque chose au moment où c'est terminé. Sinon ça sert à rien de m'avoir fait autant le coup du deus ex machina.

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#19

Je suis épouvantablement malade, éternuements à en effrayer les chats. Le seul truc qui me sécurise c'est que j'ai pas de Prozac dans mon traitement.

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#18

Hypercourt 3 est en ligne. Joie, exultation. Mais c'est pas demain que je reprends une revue, c'est vraiment super chiant de choper les gens et j'ai mis dix plombes à rendre le boulot fini. En gros pour le retard de parution, faut pas gueuler sur Eric Arlix mais sur mémé. Demain je mettrai les liens des invités du numéro, vu qu'il y a des bloggers. Mais là c'est pas possible, je suis en pleine lutte avec kafkaland et les rdv au centre des impôts ça vous bousille un cerveau pour la nuit.

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#17 bis

En fait on est lundi
donc c'était parfaitement logique
Enfin je crois.

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#17

Des fois, y a des cadeaux de Noël très impromptus, comme ce joli soufflet à l'Olive.

A part le clairon annonçant le trébuchement final des masques et bergamasques, j'ai entendu des trucs sur le Taipei 101 aujourd'hui. Comme quoi pour un lundi il s'est passé plein de trucs.

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#16

Je dois lutter contre la rétention d'eau, mais on va dire que la salive ça compte pas dans un régime. Et comme je suis très fatiguée, on va aller à l'essentiel, ça vaudra bien mieux pour tout le monde.

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#15

Grève du Seuil hier. J'ai attendu qu'il y est du neuf pour linker, c'est à dire une prise de position officielle d'éditeurs-auteurs de la maison des feuilles pilonnées. C'est fait aujourd'hui, via Libé. Bernard Comment, mais surtout Olivier Rolin, c'est lui que j'attendais parce que c'est un peu bizarre, vu ses écrits et ses convictions, que rien n'ait été dit, alors qu'on nage en pleine concrétisation du bousillage capitaliste. Evidemment, contrairement aux dires d'Hervé de La Martinière hier, une interview d'Irène Lindon, directrice de Minuit distribuée n'importe comment par Volumen, nous apprend qu'elle n'a pas été déboutée, encore heureux. Ce n'est même plus la rentrée de septembre d'un tas de maisons sérieuses qui a été foutue en l'air, parti comme c'est ça va durer encore un bon bout de temps, histoire de niquer les quelques catalogues qui ne font pas de littérature industrielle. Ca devient de plus en plus difficile de résister pour les éditeurs, nivellement par le bas des médias, rachats et politique commerciale, fatigue des libraires, déperdition du lectorat. Je ne pensais pas assister à ça en live, pas aussi schématiquement, on dirait un cas d'école, acteurs par acteurs et point par point c'est comme une terre brûlée galoppante, suffocation bastion par bastion, l'impression certains soirs qu'on va finir au WWF.

Au réveil, mail dans la boîte de l'arrière boutique, back room du SDH V2, pile au moment où je comptais me désincrire pour me réfugier dans une liste similaire mais anti-trolls, tellement j'en ai eu ras le bol des messages décérébrés de ces derniers jours. Faut me comprendre : dans la semaine à part mon fiancé et mes chats je vois irl maximum cinq personnes, et en général groupées le vendredi soir. Et quand pour raison pro le cota semainier est atteint, j'autiste le week-end histoire de m'en remettre. Les listes de diffusion et les mails, c'est mon principal rapport à l'extérieur. Alors quand je tombe que sur des conneries ou des agressions, c'est pas la fête du slip dans ma jauge de sociabilité. Y a pas de différence pour moi entre un mec qui débarque dans mon salon pour me saouler et des spameurs atrophiés du bulbe qui envahissent un dossier Outlook. Bref.

C'est Heaveens qu'a balancé l'info. Avant de m'énerver, voilà la dépèche AFP :
"Ariel Wizman fait la grosse voix contre le piratage de musique sur internet PARIS, 21 déc 2004 (AFP) -
L'animateur de télévision Ariel Wizman est le porte-voix d'une campagne de sensibilisation lancée mardi pour mettre en garde les internautes contre les risques du téléchargement illégal de musique. Un message lu par l'animateur va être envoyé aux "internautes pirates" par l'intermédiaire de fichiers émissaires adressés aux différents logiciels d'échange. Ce message sera inséré dans le fichier support du morceau de musique avec l'autorisation des artistes interprètes. L'internaute qui téléchargera ce fichier découvrira le message d'Ariel Wizman lorsqu'il voudra procéder à l'écoute. Résultat : l'internaute aura échoué à télécharger son morceau de musique, qui est interrompu par le message, et il sera mis en garde contre d'éventuelles poursuites judiciaires. "Vous venez de tenter de télécharger un fichier musical protégé. Ce faisant, vous faites courir des dangers (...) aux artistes et à l'industrie musicale", affirme le message. "Vous pouvez facilement être identifié et poursuivi devant la justice par les ayants droit; vous risquez aussi d'attraper un virus informatique", met-il en garde. "Pour profiter de la musique en toute liberté, il existe des solutions de téléchargement légales et sans risques", affirme-t-il. Pendant cette campagne, qui durera deux mois, près de 100.000 fichiers émissaires vont être diffusés sur internet. Ce projet a pu être réalisé grâce à la collaboration entre les fournisseurs d'accès à internet, qui apportent leur espace serveur, et les ayants droit de la musique, qui fournissent les fichiers support."

Depuis le temps que j'hululais contre cet abruti, cet espèce de Rastignac des sous médias, me prenant dans la gueule un tas de réflexions stupides de ses souteneurs, et parfois de gens fort recommandables, politiquement très droits. Monsieur Witzman et son passé situïde, Monsieur Witzman et sa lucidité extrème, Monsieur Witzman qui a malencontreusement été dépassé par la Machine qu'il avait tenté courageusement de parasiter de l'intérieur en l'intégrant. Bah voyons. Limite trotsko, tant qu'on y est. Jusqu'à preuve du contraire, un mec qu'a intégré Debord et pas que pour sauter les intellos en string Aubade de la rive gauche, ça ne se pavane pas en piquant les vestes de Nagui sur Canal + tout en éructant des blagues pourries, faut arrêter. J'aimerais bien connaître le montant du chèque et des avantages en nature, combien ça coûte Ariel Witzman, pas grand chose mais les commenditaires doivent l'ignorer, pour eux c'est sûrement un leader d'opinion chez les djeunzs, un parisien branché qui hante le tout Paris nocturne. Le pire c'est qu'il va continuer de mixer tranquillement dans les clubs à la con sans se faire exploser le minois à coup d'IPod (pourtant efficace comme moyen mine de rien). Je me demande vraiment ce que ça lui fait, d'incarner la voix des majors, aller lâchons lyriquement la voix du Grand Capital, Ariel Witzman la voix de son maître, ça doit quand même être un peu étrange, même pour un vendu complet. Ou alors il est névrotiquement egotique, et ça l'excite juste d'imaginer qu'il s'incruste dans les oreilles des gens qui lui ont rien demandé. Possible. Y a bien des artistes pour qui serrer la main de Jacques Chirac est un honneur, alors un semi-people, si ça se trouve, foutre des acouphènes en serinant doctement que le téléchargement c'est très mal, c'est un peu la consécration. Ariel Witzman, "Les taches enseignent la vie". Y a quand même des gens qu'ont des ambitions qui me dépassent.

Un site met en place une contre-attaque sous forme de boutade, assez maligne la réaction, je trouve :
"Notre but est simple : utiliser les messages informatifs mis en oeuvre dans le cadre de la lutte antipiraterie dans des oeuvres musicales crée pour l'occasion. Samplers, live, reverbs et échos, faites chauffer les plug ins et les effets analogiques !

Le nom de cette compil MP3 inédite: PROPRETE INTELLECTUELLE. Cette compil sera diffusée gratuitement sur les réseaux P2P. L'ensemble de ses oeuvres seront mise en place dans une compilation MP3 qui sera offerte aux 2 ministres et à Ariel Wizman courant janvier.

Le P2P est aussi un outil indispensable à la création artistique de demain. Nous sommes favorable à une rémunération des artistes, mais il est important de rappeler que le réseau est le premier outil d'accès à la "VRAI" diversité culturelle et le terreau de la création et des entrepreneurs de demain. Ce qui n'a pas été dit semble t'il lors de cette conférence.

Musiciens à vos samplers. Pour nous proposer vos tracks: proprete_intellectuelle@utopeer.com pour nous proposer un design de pochette : meme adresse.Afin de démarrer cette compiliation nous avons besoin de récupérer un maximum de messages audios: envoyez les nous à l'adresse suivante : message_wizman@utopeer.com (si vous avez les adresses ed2k également !)".

Acid va tourner ce week-end. Ceci dit ça vaudra pas une bonne tarte dans la gueule, mais l'histoire a prouvée que les collabos, ça comprend pas plus les torgnioles que le reste.

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#14

Quand je pense que quand ça a été mis en ligne je l'ai même pas vu, c'était pas du luxe mes 160 euros chez l'opticien conseil.

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#13

C'est assez logique de changer d'avis avec l'âge. Enfin je veux dire d'avis sur un objet, pas d'avis en général, faut quand même pas pousser. Cet après midi Twin Peaks, le film. Cinquième fois depuis sa sortie et c'est seulement maintenant que je me rends compte que rien n'est plus joli que la rédemption de Laura Palmer. Non seulement je le trouvais pourri, ce film, enfin quand je dis pourri je veux dire décevant au final, mais en plus j'étais intimement persuadée que si la série l'écrasait en tous points c'était parce que Lynch n'en avait réalisé que très peu d'épisodes. Là-dessus rajoutez cette espèce de mode insupportable qui faisant que si Sieur D.L. n'était pas cité toutes les trois phrases vous étiez assimilé à une sombre crétine fraîchement sortie de la Barre-en-Ouche, totalement dénuée de ces sombres torsions neuronales qui font si chics en société. Je ne pouvais plus blairer Lynch, dès que j'entendais ahhhhhh Mulholland Drrrrive s'extraire d'une cavité buccale gluante de pâmoison j'avais des pulsions terroristes. Ceci dit, pour Mulholland Drive je crains de persister longtemps. C'est quand même vraiment trop poseur et attendu jusqu'à la moelle. Mais bon. Là-dessus je reprends Le Journal de Laura Palmer. Excellents souvenirs à l'époque. Sauf qu'en fait bof². Je sais pas pour la VO, comme d'habitude. Alors j'ignore si c'est à cause de la traduction, mais quand même. Le pire c'est que c'est un détail qui fout absolument tout en l'air. J'utilise détail à dessein. La narration, le découpage, la voix de Laura, ça tient la route. Ce qui sabre tout c'est l'agencement des décrochages, lorsque Laura est possédée, quand Bob parasite le discours, quand ils dialoguent au sein des pages. Un truc qui cloche, un petit rien, une paresse de typo (les caps comme seules manifestations c'est pas top), une linéarité jamais en roulis ni brisures. De ces points de détails qui vous crame un bouquin. Et après qu'on aille pas me dire que les formalistes se branlent, c'est un type d'onanisme qui fait la différence, ça se confirme tous les jours.

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#12

Le hasard n'existe pas, c'est pas nouveau mais ça rassure. Interview de Mamoru Oshii dans le Mad Movies de novembre traînassant à la maison :

" MM - On va encore vous taxer d'avoir réalisé un film froid, essentiellement intellectuel?

M0 - Je ne crée pas des oeuvres pour qu'elles inspirent de la sympathie aux spectateurs ou qu'elles émeuvent jusqu'aux larmes. Je déteste les films qui se terminent par des happy-ends idiotes, où tout le monde s'embrasse et sanglote. J'exècre également l'utilisation extrèmement commune des "personnages témoins", qui sont suremployés dans l'animation et par Hollywood pour transmettre par contagion des émotions basiques au public. Je comprends que ces oeuvres plaisent à certains adultes et aux enfants, mais je considère que s'émouvoir, en fait, c'est arrêter de penser. (...)"

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#11

L'ophtalmo a appelé ça une tumeur conjonctive, mais moi je sais très bien que c'est un bout de cervelle qui a débordé jusqu'au coin de l'œil. Elle peut dire ce qu'elle veut, me montrer le kyste dans le bocal après extraction, je sais que j'ai raison. La preuve : elle est incapable de me dire d'où elle vient, cette boule rougeâtre que je me trimballais depuis des mois. Si j'ai eu aussi peur pendant l'opération, c'est pas seulement à cause de l'appareil d'Orange Mécanique qui coince les paupières ambiance pince à escargot du Comte Zaroff, des ustensiles pointus dans le champ de vision, de la tête scotchée sur la table, des bruits que fait la chair gonflée quand on l'arrache, ni de l'odeur du bloc, quoique j'en reviens toujours pas de m'être bien tenue sans rien, ni quintal de benzodiazépines, ni huile de cannabis en intraveineuses, rien. Respiration en cuts secs, panique complète à l'intérieur mais pas de cris, spasmes gérés, pas de plateau qui valse, pas de calmez-vous mademoiselle mais rattrapez-la elle a tourné à gauche et merde on l'a perdue. Je deviens vieille et sage. Ou complètement amorphe à force de résignation organique. Possible.

Je sais que c'était un bout de cervelle, parce que depuis il me manque un truc dans le crâne. Un truc que j'avais déjà pas en très grosse quantité, pas à revendre du tout, mais là c'est plus qu'un problème de stock, c'est comme du vide complet quand on appuie sur le bouton. Mon organe compassionnel devait avoisiner les trois millimètres carrés, c'était toujours ça de trop pour le reste du cerveau, plus le moment, plus de place pour ça, out. L'hypothalamus a tout organisé, sortie de secours œil gauche, intervention clinique trouille méthylène une bonne leçon.

Ca a commencé dans le métro, une affiche pour le concert de Laura Pauzini « recommandé par Barilla », logo à l'appui. Vision brève, la chanteuse étranglée par des tagliatelles géantes, langue violine à la commissure droite. Seven, tu mangeras de ce chou là. Evidemment je me suis demandé si c'était vraiment lié à cette histoire de compassion neutralisée et pas plutôt à une acuité visuelle libérée d'une obstruction partielle et purulente. Ou alors à l'arrêt du Risperdal, parce qu'on ne sait jamais après tout. Mais en fait non. J'en suis sûre à cause de la suite.

Quand on est abonné à Noos on est soumis a des sevrages informatifs imposés. Ni net ni télé pendant deux jours, reprise aujourd'hui, consignations des faits dans l'ordre d'ingurgitation : VGE entre à l'Académie Française (après l'Interallié à Zeller fallait au moins ça pour finir en beauté 2004), Despentes arrête son blog puisque la promo de son livre est finie (vu le nombre d'exemplaires vendus grâce à cette opération promotionnelle, on s'attendait à un évènementiel avec OB mais en fait non), Maïa Mazaurette découvre que passer dans l'émission de Stéphane Bern entre l'ex de Danny Boon et DJ Witzouïlle ne constitue pas contre toute attente une expérience de vie épanouissante (et pense accessoirement que les libraires regardent 21h10 pétantes, voire peuvent effectuer un réassort convaincus par une prestation), Olivier Cohen ne se couche plus seulement mais remue également la queue devant Monsieur Hervé de la Martinière (à qui je vais devoir envoyer une lettre si ça continue, parce qu'en attendant les auteurs grommellent mais y en a pas un qui bouge).

Elle avait bien raison, ma cervelle, de le faire gicler hors du crâne, ce granulé sanguinolent, ça fera de la place pour autre chose. La compassion, c'est même pas que ça sert à rien. C'est que des fois, elle a beau s'appliquer à trouver la faille où s'immiscer, y a pas de place pour elle, elle a rien à faire là, point barre.

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#10

Je repense un peu plus. Ca dépend des semaines en fait, peut-être même des heures. Mais bon, j'ai une excuse.

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